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Pourim, la Megillah et le rôle caché de Mordekhaï

Pourquoi la Megillah s'attarde sur le complot déjoué, le premier chapitre et la fin, et ce que Pourim révèle du lien entre Hachem et Israël.

5 h 44

Orot veKelim

Ensuite : Cours du Rav Yoel pour la veillée de Hoshana Raba, 1 h 34

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

À l'époque de la Megillah, rappelez-vous: Mordechaï a découvert un complot dirigé contre le roi, contre Achashverosh, par deux de ses ministres, l'un qui s'appelle Bigtan et l'autre qui s'appelle Teresh. Ayant découvert ce complot, il en a fait part à Esther, qui l'a rapporté à Achashverosh, en le disant au nom de Mordechaï.

Et comme elle l'a dit au nom de Mordechaï, cela a été inscrit, répertorié, dans le grand livre de l'histoire des rois de Perse, au nom de Mordechaï. Bigtan et Teresh, comme vous le savez, ont été pendus, et le roi a donc été sauvé. Cela a amené la Gueoula. Pourquoi cela a-t-il amené la Gueoula ? Parce que, grâce à cela, plus tard dans l'histoire, lorsque le roi a eu des insomnies,

il a demandé qu'on lui relise le passage. Le passage rappelait Mordechaï, et tout à coup il s'est dit: Mordechaï, Mordechaï, a-t-on fait quelque chose pour lui rendre hommage ? Non, rien du tout. On va le faire. Et c'est la Gueoula. Donc, à cause de cela, le génocide contre le peuple juif a échoué.

D'abord, vous remarquez évidemment cette modestie tout à fait juive. Le texte ne dit pas « il apporte la Gueoula au peuple juif », celui qui rapporte quelque chose au nom de quelqu'un d'autre, mais mévi Gueoula laolam, parce qu'il est évident que lorsque le peuple juif est sauvé, c'est évidemment le monde entier qui est sauvé. Mévi Gueoula laolam. Mais mon problème à moi n'est pas celui-là. Mon problème, c'est que, finalement, cette anecdote, qu'a-t-elle provoqué ? Qu'a provoqué le fait que, finalement, on s'est souvenu de Mordechaï, on s'est rappelé

de son bon souvenir. Est-ce vraiment cela qui a changé le cours des choses ? Pas du tout, pas du tout. Ce que cela a provoqué, c'est simplement — et c'est un épisode qui fait rire tout le monde, surtout nos enfants — qu'Achashverosh appelle Haman et lui fait, finalement, une petite humiliation, puisque Haman croit que c'est à lui qu'on s'adresse, alors qu'en fait

Il s'adressait, il parlait de Mordechaï. Et c'est donc Haman qui va rendre honneur à Mordechaï, qui va défiler dans les rues de la ville. C'est très sympathique. Franchement, c'est une bonne détente dans le cours de cette histoire. Surtout si l'on ajoute les Midrachim qui nous racontent que la fille de Haman voit tout cela par la fenêtre

et pense, évidemment, que celui qui est sur le cheval, c'est son père, Haman, alors que celui qui tient la bride, c'est Mordechaï. Et donc, nous raconte le Midrash, elle s'est empressée de jeter un seau d'ordures sur la tête de celui qui tenait la bride, pensant que c'était Mordechaï. Eh bien non, c'était Haman. Et tout le monde est content. Parfait. Parfait, sauf que cela n'a absolument rien provoqué du tout. Ce n'est pas cela qui a provoqué le dénouement de l'histoire. Comme vous le savez, le dénouement de l'histoire, c'est uniquement

parce que, plus tard, Esther a eu le courage de dire que Haman voulait la tuer. Et c'est cela qui a provoqué le dénouement. L'interlude, la petite histoire au milieu, qui est en fait une histoire entre parenthèses, n'a pas provoqué la Gueoula, mais a simplement provoqué un entremets très sympathique. Cela détend, certes, mais pas plus que cela. La question est donc de savoir pourquoi la Guemara

attache tant d'importance à cet épisode. Première question. Deuxième question, concernant le premier chapitre de la Megillah. La Megillah, en tout, comprend une dizaine de chapitres, comme vous le savez. Les derniers chapitres semblent très laborieux: l'histoire est pratiquement terminée, mais il y a encore, dans le détail, la manière dont les Juifs se sont vengés de leurs ennemis.

On pourrait se dispenser de tout cela. On se demande un peu pourquoi l'on raconte tout cela dans le détail: ce qui s'est passé le 14, ce qui s'est passé le 15, combien de temps cela a duré à Chouchan, combien de temps dans les autres villes, etc. Bon, c'est un peu la fin de l'histoire. Il est vrai qu'on est en haleine quand on est en plein suspense, au début et au milieu de l'histoire. La fin semble un peu longue: on a compris, on les a pendus, on les a pendus, et puis voilà.

Mais le premier chapitre est encore plus compliqué, et si vous voulez, j'allais dire encore plus inutile que les autres, parce que le premier chapitre ne parle pas de nous. On ne parle pas du tout de Haman, ni de Mordechaï, ni d'Esther. On parle simplement d'Achashverosh et de sa femme Vachti, et de ce fameux michté à l'issue duquel Vachti a refusé de comparaître devant Achashverosh, et donc elle a été renvoyée, apparemment. Bien, très bien, parfait.

Et alors, quel rapport avec l'histoire réelle ? Vous allez me dire: oui, mais c'est évidemment important, puisque c'est grâce à cela qu'on a ensuite choisi Esther à la place de Vachti. Très bien. Mais on n'avait pas besoin de raconter en détail toute cette histoire. En plus de cela, vous remarquez qu'il y a des détails énormes concernant la richesse du palais d'Achashverosh, concernant également

les différents festins, le nombre incroyable de jours que duraient ces festins, les deux festins: un pour les proches, les ministres et compagnie, et l'autre pour tous les habitants de la ville. Mais enfin, tout cela, qu'a-t-il à faire dans le Tanakh ? Le Tanakh nous a habitués à nous raconter des histoires: soit ce sont des histoires qui concernent le peuple d'Israël, soit ce sont des histoires dans lesquelles on peut trouver

une moralité quelconque, même si cela ne concerne pas directement le peuple juif. À ce moment-là, on en tire quelque chose. Qu'est-ce qui se serait passé si l'histoire d'Esther avait commencé ainsi: un jour, le roi Achashverosh a répudié Vachti et il a cherché une femme pour la remplacer ? Esther serait arrivée, et on aurait continué ensuite, comme cela est raconté dans le deuxième chapitre. Mais à quoi sert tout ce luxe de détails

qui forme le premier chapitre et qui n'est finalement rien d'autre qu'une description des us et coutumes des rois de Perse de l'époque ? Cela peut intéresser des gens qui s'intéressent à cela, des historiens, mais le Tanakh, quelle leçon dois-je tirer du premier chapitre de l'histoire d'Esther ? Deuxième question. Troisième question, et celle-ci est connue,

et non seulement elle est connue, mais tout le monde comprend bien que c'est la clé même pour comprendre toute l'intrigue: on a l'impression qu'Esther joue avec le feu, et qu'elle joue avec le feu sans raison valable. Je vous rappelle que, lorsque Mordechaï finit par convaincre Esther qu'il est temps qu'elle fasse quelque chose, qu'elle ne peut pas penser s'en tirer à si bon compte en laissant le peuple se débrouiller tout seul,

une fois qu'elle a accepté tout cela, une fois qu'elle a pris le risque, qu'elle a dit: si je dois mourir, je mourrai. Elle sait donc qu'elle risque sa vie, puisque le roi ne l'a pas appelée. Et malgré tout, elle y est allée. Et je suppose qu'elle était morte de trouille, …

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