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Combler le vide laissé par un élève, Yerouchalayim d'en haut et d'en bas

Le khiloul de la disparition se comble par le kidouch Hachem, selon la distinction des deux Yerouchalayim.

10 min

Rav Yoël Benharrouche

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

## Un vide dans ce monde

Je ne vais pas être long puisque le Rav est là. La disparition de Shmuel a laissé un vide, un vide dans ce monde, un vide pour les parents, un vide pour son épouse, un vide pour l'enfant, un vide pour les amis, mais encore plus un vide qui apparaît par le manque d'un canal tel que lui.

Chacun de nous est un canal pour la circulation, entre guillemets, du divin sur terre. C'est dans ce lieu que Shmuel étudiait. C'est ici qu'il a reçu sa structure d'homme. Pas d'un homme individuel, mais d'un homme qui a compris l'être qu'il représentait. Car c'est dans ce lieu, et malheureusement il n'y en a pas beaucoup, de tels lieux, où l'on enseigne

cette Torah justement, qui est dans une vision globale, dans une vision tellement grande. Beaucoup de fois, on entend des enseignements qui sont individuels, d'une Torah très privée. Moray Vérabota, il faut que vous sachiez que dans ce lieu, la Torah est cosmique, elle est énorme, elle est au niveau de la nation tout entière.

Elle est au niveau du lien entre le ciel et la terre. Elle est au niveau de la responsabilité de l'homme pour corriger ce monde. C'est ça qu'on enseigne à ces enfants. Je ne sais pas si vous vous rendez compte de la valeur de cette Torah. Les parents le savent. Les gens qui connaissent, qui ont goûté cette Torah, voient la nuance tellement importante, tellement différente. Et c'est en ce sens-là qu'un être cher, [02:46] tel que Shmuel, laisse un vide dans ce monde.

On est à Yom Yerouchalayim, c'est incroyable. On est en train de parler de quelque chose de tellement difficile, et on entend en même temps de la musique à l'extérieur. Nous vivons dans un paradoxe qui est incroyable, mais en réalité c'est le paradoxe de notre vie. Plus nous montons dans la sainteté, plus les paradoxes sont grands.

## Le ciel et la terre

Be'sod Elyon. La stira, la contradiction, elle est d'autant plus grande que c'est Elyon, que c'est grand. Plus c'est grand, plus c'est contradictoire. Pourquoi ? Parce que le grand contient quelque chose et son inverse. C'est ça la grandeur. Quand quelqu'un est petit, eh bien, il se restreint, il se limite à quelque chose.

Mais quand on s'élargit, quand on grandit, quand la Torah devient une Torah de nations, une Torah de peuples, une Torah de ciel et de terre réunis, eh bien le ciel et la terre sont apparemment contradictoires. La neshama et le corps sont apparemment contradictoires. Et il faut savoir vivre en harmonie avec les deux. Ce n'est pas facile. Ça, c'est la Torah qui est enseignée ici.

Une Torah où l'on prend le ciel et où l'on arrive à l'habiller sur terre, dans des notions tellement simples mais tellement énormes: servir dans l'armée israélienne pour sa nation, ou être quelqu'un qui est capable de devenir avocat alors qu'il aurait pu rester juste au niveau de l'étude. Il y a ici une capacité à marier les mondes, à embrasser [04:51] le ciel avec la terre. Ça, c'est cette Torah.

Et ce manque-là, en hébreu, s'appelle Halal. Halal, c'est ce qui a donné le mot Hiloul. Il y a, et je pèse mes mots, une profanation quand un être disparaît. Il y a un vide dans ce monde de la Torah et de la façon dont cet être spécial, spécifique, [05:22] eh bien, ce vide, il faut le combler.

## Combler le vide

C'est très difficile. Comment combler un vide ? Ce Hiloul doit être comblé par un Kidouch Hachem. C'est pour ça qu'on dit le Kadish. Le Kadish, c'est tout simplement pour remettre un peu de baume dans le cœur, pour remplir, en fait, ce vide qui a été créé par le manque de ce canal qui a disparu.

Je me rappelle de Shmuel, puisque j'ai eu l'honneur de lui enseigner aussi, il était l'un de mes élèves. Je me rappelle sa rigueur. Je me rappelle son intelligence. Je me rappelle sa vision, qui ne s'arrêtait pas au petit degré qu'il était en train d'étudier. Il savait voir large, voir grand. C'est ce qu'on attend de nos élèves. Comme je vous l'ai dit, je ne vais pas trop tarder, puisque le Rav Bigon est là, Shlita. Je vais lui passer la parole.

Juste pour vous dire que la Guemara nous enseigne quelque chose d'extraordinaire. Elle nous dit qu'il y a une notion qui est du haut et une notion qui appartient au bas. La Guemara appelle cela Yerouchalayim Shel Maala et Yerouchalayim Shel Mata. Ne croyez surtout pas qu'il y ait une Jérusalem dans le ciel. En réalité, il s'agit de nos idéaux.

La Jérusalem du Ciel se trouve dans chacun de nous. C'est l'idéal, la grandeur, c'est le modèle initial. Ça, c'est la Jérusalem d'en haut. Et nous avons la Jérusalem d'en bas, c'est notre vie, ce sont les choix que nous faisons dans notre vie. Et tout le secret, c'est de savoir réunir la Jérusalem d'en haut avec la Jérusalem d'en bas.

C'est-à-dire que nous vivions dans notre monde, ici-bas, selon les idéaux de la Jérusalem d'en haut, selon nos valeurs. Et bien, Be'ezrat Hachem, cette journée, Yom Yerouchalayim, au pluriel, comme vient de le dire le Rav Atoun, Shlita, c'est la journée où nous aussi, à l'intérieur de chacun de nous, nous devons réunir ces deux notions de l'unité.

Car c'est un qui se voit en deux. Ahat diber Elohim, shtayim zu shamati. La notion divine est tellement grande qu'elle est dans l'unité que nous ne comprenons pas. Pour la comprendre, il faut la voir avec deux yeux, l'entendre avec deux oreilles. C'est pour ça que nous entendons, que nous étudions cette Torah en stéréo, car on ne peut pas l'étudier autrement. Donc je suis obligé d'avoir quelqu'un en face de moi [08:34] pour me dire même le contraire de ce que je viens de dire, et c'est très bien, pour qu'on se complète.

Ça, c'est la journée de Yerouchalayim. Ce n'est pas une fête de la ville. C'est une fête de la nation tout entière qui est revenue sur sa terre, et 19 ans plus tard, qui est montée d'un échelon. Be'ezrat Hachem, le troisième degré, c'est lorsque nous deviendrons universels, que notre Torah sorte d'ici pour le bien de l'humanité tout entière. Mitsionne Tetzé Torah ou Devar Hachem Yerouchalayim. Je sais que la neshama de Shmuel est présente, qu'elle nous entend.

Et bien, Be'ezrat Hachem, par la même occasion, puisque c'est un cercle, une année, il monte maintenant à un autre degré. Il atteint réellement la Jérusalem d'en haut. Il est dans le monde des idéaux. Et nous, nous devons traduire tout ce qu'il nous a laissé, tout ce que la Torah nous a laissé, [09:32] pour faire en sorte que nous soyons fidèles en bas, selon les valeurs de la neshama collective d'Israël.

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