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Penser avec le Rav Kook : Orot HaKodesh et la responsabilité cosmique

Un échange sur Orot HaKodesh : kabbale, philosophie et place de l'homme dans l'évolution du monde.

17 min

Rav Avraham Ysthak

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Chers amis, bonjour, heureux de vous retrouver sur la chaîne de Machon Meir pour cette nouvelle émission d'En tête à tête avec mon très cher ami Rav Yoël Benharoche. Shalom, Boker Tov, mon cher ami Rav Roni Akrich. Nous sommes heureux, Yoël et moi-même, de vous retrouver. Nous allons essayer de vous entretenir cette fois-ci sur la pensée du Rav Kook, en tout cas à travers l'un de ses ouvrages. Bien sûr, ce sera succinct, bien sûr, ce sera infinitésimal par rapport à la réalité de l'écrit et de la pensée du Rav.

Mon cher Yoël, je voulais te lire quelque chose que j'avais trouvé de Gershom Scholem dans Devarim BeGo. « Le Rav Kook est un grand mystique juif, comme en témoignent ces trois volumes du livre Orot HaKodesh, qui nous a si heureusement laissés. Pourtant, le lecteur de ce livre se rend immédiatement compte qu'il ne s'agit pas là de l'œuvre d'un kabbaliste, seulement, je dirais, mais d'un homme de haute stature qui a clairement traduit pour tous les hommes une expérience religieuse issue de la tradition de ses pères. On rappelle que ses pères étaient, du côté de son père, descendant de cette lignée du Gaon de Vilna, et du côté de sa mère, de la lignée de Rabat. Il est évident qu'il en a modifié le langage de façon décisive, qu'il a su adapter les paroles des anciens de la tradition et leur rendre une vigueur nouvelle. »

## Un homme entre deux lignées et deux cultures

Qu'y a-t-il de si spécial dont nous pouvons parler dans ces écrits, plus particulièrement dans Orot HaKodesh ? Le Rav Kook, en fait, pas seulement au niveau biologique, est sorti de deux parents qui viennent de deux lignées. En fait, toute sa Torah est formée de cette manière. C'est-à-dire que le Rav Kook, dans sa structure intérieure de la Torah, est un homme qui est capable de prendre toute la lumière dans les quatre niveaux de la lecture de notre texte: il est capable de prendre le pchat, le remez,

le drach et le sod pour en faire un pardès, un verger. Le Rav Kook est donc celui qui est capable d'être dans la couture entre une culture et une autre culture. Pas seulement au sein du peuple d'Israël, j'irai plus loin: il est dans la couture entre la culture israélienne et la culture des nations du monde. C'est un maître qui a su décoder la vie éternelle qui se cache dans l'univers tout entier.

On ajoutera qu'il s'agit d'une pensée dialectique, dialectique dans le sens où il met face à face ce que nous connaissons dans Orot HaKodesh, par exemple le rapport entre nécessité et liberté.

Tout à fait. C'est pour ça qu'il est dans la synthèse. Il est toujours dans la synthèse des choses. Il ne laisse pas les choses dans un monde binaire. Il arrive en réalité à prendre des deux, de la thèse et de l'antithèse, et à trouver toujours le dénominateur commun entre les points.

## Une pensée de l'histoire moderne

Absolument. Il est aussi l'auteur d'une pensée de l'histoire moderne, puisqu'il va énormément s'intéresser non seulement à l'esprit du projet Israël, mais à la réalité de ce projet dans le quotidien. C'est-à-dire qu'il va être à l'écoute, au regard, avec la sensibilité si particulière qui va être la sienne, dans ce que nous appelons le rapport, là aussi dialectique, entre l'exil et la rédemption. Mais son époque est aussi cette contradiction, cette confrontation entre, par exemple, le profane et le saint.

Oui, parce que nous sommes au milieu des nouvelles idées.

Tout à fait. De cette révolution. Alors cette forme d'intelligence, c'est une intelligence qui, en réalité, a trait au divin. Ce n'est pas une intelligence humaine. D'ailleurs, son livre, Orot HaKodesh, ne veut pas dire les lumières de la sainteté, comme c'est très souvent traduit, et mal traduit, mais les lumières du Saint béni soit-Il. Ça veut dire qu'en réalité le Rav Kook est celui qui est capable de parler et de relier le passé au futur par le présent. C'est celui qui est capable de relier une culture à

une autre, une terre à une autre et un message à un autre message. Il est donc en réalité le couturier, le façonneur, qui est capable de voir la vie dans tout son chant. Et c'est pour ça qu'il parle d'ailleurs d'un chant à quatre temps: il entend le chant de l'univers tout entier, en commençant, bien entendu, par écouter le chant de sa propre personne, le chant de son ami, le chant de son peuple, le chant des nations du monde, jusqu'au chant de l'univers, du cosmos.

Absolument. Il y a aussi, Yoël, quand on lit et qu'on étudie... nous deux, nous n'avons pas à le cacher, nous étudions ensemble ce Orot HaKodesh, dans cette double dimension que nous rencontrons et que tu as rappelée un instant: non seulement ce côté kabbalistique transcendant qui nous amène à découvrir un peu la face cachée, mais sans jamais délaisser la face réfléchie, la face de la raison. Et tout cela, ce côté ésotérique comme ce côté philosophique, avec un langage qui nous étonne continuellement. J'ai noté, personnellement, trois manières de s'exprimer dans ce Orot HaKodesh: que j'appelle poétique, métaphorique et lyrique. Cela occupe la signification conceptuelle, le développement, et cela permet un développement des idées grâce à cette manière de faire.

## Le grand dans le petit

Parce que la Torah que le Rav Kook utilise est une Torah tellement complète, une Torah qui embrasse toutes les miktsot, toutes les matières de la Torah, que son langage peut s'adresser à la plus petite valeur comme à la plus grande. Cela veut dire que c'est un homme qui est autant dans le grand que dans le petit. D'ailleurs, il dira quelque chose d'extraordinaire, de la même manière qu'on dit Mi Kamokha baElim Hachem, « qui est comme Toi parmi les puissants, Hachem », ata gibor, ata gadol, autant tu es grand, tu peux te dévoiler aussi dans la petitesse. Et ça, c'est la force d'un homme: savoir voir Dieu, non seulement dans les grandes choses, mais aussi dans les petites choses de la vie.

On peut rappeler à nos téléspectateurs que ceux qui n'ont pas lu Le Dernier des Justes d'André Schwarz-Bart peuvent retrouver dans cette littérature cette relation entre le microcosme et le macrocosme. Dans cette littérature, comme chez le Rav, bien entendu, il y a beaucoup plus de grandeur à reconnaître l'Éternel dans l'infiniment petit que dans l'infiniment grand.

Et on va essayer de rentrer un peu plus dans le contenu. Le Rav utilise là aussi la forme et le contenu, comme nous l'avons dit. C'est ce qui permet d'ailleurs une telle appréciation des idées. Je te laisse entendre ce qu'il dit: la responsabilité morale cosmique. Qu'est-ce que tu entends lorsque je te dis cela ?

## La responsabilité morale cosmique

J'ai mon idée, mais je veux t'entendre d'abord.

La responsabilité morale cosmique, ça en fait Ahariout, Moussarit, Shelabria. Ça veut dire qu'en réalité l'homme est un petit monde, ou bien le monde est un grand homme. Sous-entendu, il y a …

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