Orot veKelimאורות וכלים
Se connecter

Abraham à Mamré : l'hospitalité avant la présence divine

Le Talmud de Chabbat enseigne que recevoir des hôtes peut primer sur la présence de Dieu, et pourquoi.

6 min

Rav Rony Akrich

Ensuite : Akedat Yitzhak : aller ensemble malgré le fossé, 6 min

Début du cours (texte)

Lire le début du cours

Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Ce verset, dans le livre de Bereshit, vient nous dire qu'à Élon et Mamre, à Hévron, pour ne rien vous cacher, c'est juste en face de ma maison, mais c'était une parenthèse. À Élon et Mamre, Abraham a accompli la brit mila, non pas la circoncision, mais l'alliance avec le mot, c'est-à-dire avec le Verbe divin. Il prête allégeance

à ce que l'Éternel lui a promis, celui de devenir une nation, et d'être celui à partir desquels les nations seront bénies, et puis aussi de savoir que c'est sur cette terre-là, la terre d'Israël, que l'événement du projet divin pourra commencer à s'exaucer. Alors, après cette brit mila, il fait chaud, l'Éternel fait passer un nuage devant le soleil d'Élon et Mamre

afin qu'Abraham puisse se reposer. Et puis là, « Vayisa einav vayar, vehinei sheloshah anashim ». Voici qu'il voit au loin trois personnes. Le texte nous dit que ce sont trois étrangers adorant la poussière de leurs pieds. « Vayar, vayarotz, lis'kratam, ipétar, a'oel, vayishtachava ». Malgré la douleur post-opératoire qui était la sienne.

Ils se lèvent, se précipitent et ils ne marchent pas. Ils se précipitent vers ces hommes, ils se prosternent devant eux. On a bien compris qu'il veut leur dire que la maison est ouverte et qu'il aurait le plaisir, en tout cas, à les recevoir. Il y a un message très important ici que j'ai relevé dans le traité de Chabbat du Talmud de Babylone, je vous lis. Il est écrit dans le traité de Chabbat que de là,

on a l'impression qu'on pourrait dire « grande est l'hospitalité », « plus que », c'est-à-dire comparativement, que de recevoir l'Éternel ou de rester en présence de l'Éternel, car le verset que je ne vous ai pas encore dit, il est écrit, et il dit: « à l'Éternel, si j'ai trouvé grâce à tes yeux… »

Rachi vient expliquer en disant qu'Abraham a dit à l'Éternel: si tu peux attendre cinq minutes, je vais rencontrer ceux qui viennent d'arriver, mais attends, ne t'en va pas. Alors la Guemara dans Chabbat dit: « Grande est l'hospitalité, même si vous êtes en discussion avec l'Éternel. » Alors là, je dis que le même

Alors, je me suis dit à moi-même que l'Éternel avait enseigné à Abraham en venant le visiter après cette opération de brit mila. Cela s'appelle Bikour Holim, la visite aux malades. Mais en faisant cela, l'Éternel avait envie de dire à Abraham, c'est-à-dire: tu iras sur mon chemin. Vous vous rappelez, dans le texte de la Torah, beaucoup plus loin, il est dit de la même manière: moi, je suis miséricordieux, tu dois l'être.

De la même manière que je suis consolateur, tu dois l'être, tout simplement parce que je ne peux pas connaître l'Éternel comme Moshe voulait le connaître et le voir, et l'Éternel de lui dire: tu ne peux pas me voir et vivre. Mais ce que tu peux connaître de moi, ce sont mes attributs, c'est-à-dire mes vertus. Et Abraham, bien entendu, lorsqu'il aperçoit ces hommes qui étaient en vérité des anges déguisés en hommes, même étant idolâtre, il leur ouvre les portes de sa tente qui, vous le savez, était ouverte aux quatre vents.

Il leur dit ainsi: qui que vous soyez, d'où que vous veniez, il vous est permis d'y venir. Alors, dans cette phrase de la Guemara de Chabbat, ce n'est pas un comparatif, mais bien une excellence. La préposition servirait ici à exceller dans l'absolu. C'est bien parce que je suis auprès de toi, en ta présence, c'est-à-dire que tu es omniprésent avec moi

que je t'ai demandé de m'attendre, car je vais accomplir ce que tu m'as montré qu'il fallait accomplir. Je vous le disais une autre fois, d'ailleurs: il ne va pas faire la mitsva de l'hospitalité. C'est parce qu'il est l'hospitalité en son âme et conscience, et qu'il a très bien compris ce que la présence divine voulait dire en soi, qu'il se précipite vers ces hommes. Il y a bien entendu une différence essentielle entre faire la chose et être la chose en elle-même. Ce que Dieu nous demande

c'est d'être la mitsva et pas seulement de faire la mitsva. Mais la mitsva sera faite d'autant mieux que vous êtes ce que vous allez faire, dire ou penser. À bientôt.

Cours de Machon Meir

Dans la même série

D'Avraham à Yaakov : hospitalité, puits, épouses et rivalités.

  1. 1
    Abraham à Mamré : l'hospitalité avant la présence divine
    Le Talmud de Chabbat enseigne que recevoir des hôtes peut primer sur la présence de Dieu, et pourquoi.
    En cours de lecture
  2. 2
    Akedat Yitzhak : aller ensemble malgré le fossé
    Trois étapes du récit d'Abraham et Yitzhak, et ce que la marche commune enseigne sur l'amour de Dieu et l'humilité.
    6 min
  3. 3
    Yitzhak et les puits : l'enracinement dans la terre
    Yitzhak reste sur la terre pendant la famine, creuse les puits d'Abraham et tient face aux Philistins qui les bouchent.
    21 min
  4. 4
    Esav et Yaakov dans le ventre de Rivka
    Rony Akrish explique la lutte des jumeaux comme deux conceptions de l'histoire, et la place de la matière.
    33 min
  5. 5
    Yaakov face à Essav : le passé, le futur et le présent
    Comment la pensée passée et l'imaginaire du lendemain transforment notre présent, à partir de la rencontre de Yaakov et Essav.
    55 min
  6. 6
    Le puits de Haran et la pierre qu'on roule
    Le récit de Yaakov au puits : la fraternité, la pierre refermée et la colère qui pousse à chercher son être.
    7 min

— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?

Une question sur ce cours ?

La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.

Commentaires et questions au Rav