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Le don d'organes selon la loi juive

Donner un organe de son vivant ou après la mort cérébrale : ce que dit la halakha, et pourquoi.

17 min

Rav Shlomo Aviner

Ensuite : C'est QUOI le BONHEUR selon la TORAH, 1 min

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

— Shalom à toutes et à tous, et bienvenue pour cette nouvelle émission de l'éthique de la vie. Cette semaine, la semaine dernière, nous avons parlé très rapidement de la procréation assistée. Cette semaine, nous allons parler du don d'organes, autre sujet selon la loi juive. Toujours pour m'accompagner, le Rav David Benyamin. Shalom au Rav, de l'Institut Pouart de Jérusalem. Donc le don d'organes. Première question, Rav David Benyamin: le don d'organes sur des personnes décédées ou vivantes, est-ce qu'on a le droit, même sur des personnes vivantes, de famille à famille par exemple ?

Rav David Benyamin: Il existe bien sûr deux techniques pour prélever des organes. La technique la plus simple, au point de vue de l'éthique et de la loi juive, c'est de prendre des organes d'une personne vivante, par exemple d'un parent pour un enfant, ou d'un enfant pour son père qui serait en insuffisance rénale, pour pouvoir lui sauver la vie. C'est la plus grande mitsva qu'on puisse réaliser: donner un de ses organes pour sauver la vie d'une autre personne.

— C'est permis selon la loi ?

Rav David Benyamin: C'est permis, mais ce n'est pas obligatoire. Lorsqu'on a une personne devant nous qui est en danger de mort, d'après la loi juive, on doit tout faire pour lui sauver la vie. Si je vois quelqu'un tomber à l'eau et que je sais nager, je dois sauter et sortir cette personne de l'eau qui est en train de se noyer. Et même si c'est Chabbat, et même si c'est Kippour, on doit enfreindre toutes les lois pour sauver la vie d'une personne.

Mais donner un organe, ce n'est pas une obligation. Si quelqu'un de sa famille ou un ami est dans un cas très grave, et qu'on lui propose de donner un organe, et qu'il a peur, il n'a pas l'obligation de le faire, bien que ce soit pikouah néfech, parce qu'il y a quand même une limite à ce que le judaïsme demande à l'homme de faire pour sauver la vie d'une autre personne. Cette limite a été donnée, entre autres, sur ces sujets-là: c'est le don. On peut donner tous ses efforts, tout son argent, mais donner un organe serait une très grande mitsva, une midat hassidout, mais ce ne serait pas une obligation. Le donneur doit être volontaire. Bien sûr, volontaire. Il est clair qu'on ne peut pas prélever un organe sans la permission de la personne.

Maintenant, sur les personnes décédées, qui sera un peu le sujet de notre émission: y a-t-il un problème dans la loi juive ? Aujourd'hui, on prend principalement des organes sur des personnes qui sont décédées: des cœurs, des reins, du foie, etc. Et lorsqu'une personne est décédée, on peut sauver cinq, six, sept personnes. La grande question de halakha, il y a d'abord des problèmes de base. Ensuite, dans le judaïsme, on est obligé d'enterrer une personne, alors que là, on n'enterre pas la personne entièrement.

— Vous allez dire d'abord le droit du mort ?

Rav David Benyamin: Voilà. On a l'obligation, et un interdit, de profiter du corps d'une personne décédée dans le judaïsme. On a l'interdit de déchiqueter et de dénigrer le corps d'une personne décédée. Lorsqu'on fait toutes ces transplantations d'organes, on découpe la personne, on lui prend des organes, on les transplante, etc., on ne remet pas tout en terre. D'après la loi juive, normalement, ça devrait être interdit. Mais on a évoqué auparavant un grand principe, celui du pikouah néfech, qui dit que lorsqu'on est devant un danger de mort

qui est vraiment présent, tous les autres interdits de la Torah tombent. De la même manière qu'on a l'obligation de manger le jour de Kippour si on est en danger de mort, là aussi: si on a devant nous un enfant en très grand danger, et que la seule possibilité de lui sauver la vie est une transplantation cardiaque ou rénale, qui implique de déchiqueter, de prendre les organes d'une personne décédée et de ne pas tout remettre en terre, alors ce serait autorisé.

— Donc sauver une vie, préserver une vie, nous permet d'intervenir sur le corps du mort ?

Rav David Benyamin: Voilà.

— Question simple: la résurrection des morts...

Rav David Benyamin: C'est une question qui est souvent posée par les gens. Ils disent: « Je ne veux pas donner un organe, parce qu'après, à la résurrection des morts, comment vais-je revenir ? » La réponse est toute simple. La résurrection des morts est, dans son principe, le plus grand miracle que Hakadosh Baroukh Hou nous fera. Elle est liée à la venue de la Machiah, à la fin des temps, etc. Dire qu'une personne décédée il y a deux mille ans, dont il ne reste plus rien, peut-être

quelques os, dans une tombe où il ne reste plus aucun organe, va revenir et revivre, c'est déjà un miracle par excellence. Cela fait partie des treize articles d'émouna du judaïsme. On croit à cela, mais il est clair que c'est un miracle. Et je dirais que, malheureusement, beaucoup de juifs, dans l'histoire de notre peuple, ont été brûlés à Auschwitz, pendant l'Inquisition en Espagne, etc. Ces personnes-là vont bien sûr revenir. Ce sont des tsadikim, ils sont morts au nom du judaïsme, et ce sont des gens qui vont

revenir sur terre. Ce n'est donc pas vraiment une question de fond: c'est une question que les gens posent, mais la réponse est assez simple.

— Maintenant, à partir de quel moment peut-on prélever ces organes ? Doit-on attendre que la personne décède ? Quand considérer qu'une personne est décédée ? À quel moment agir ?

Rav David Benyamin: Comme on l'a dit tout à l'heure, tous les interdits de la Torah tombent lorsqu'on est devant un pikouah néfech. Mais il y a trois interdits qui ne tombent pas, et l'un de ces trois interdits est celui de tuer une personne. On n'a pas le droit de tuer une personne pour en sauver une autre, parce que la vie d'une personne n'est pas plus importante que la vie d'une autre. Il n'y a pas de valeur entre les vies des gens: la vie, c'est la vie.

Il doit y avoir une file d'attente pour les personnes qui attendent un organe, et dès qu'on leur dit qu'il y a quelqu'un qui est sur le point de mourir, « allez-y ». Il serait clair qu'une seconde avant qu'il meure, prélever ses organes serait un interdit de la Torah, ce serait un meurtre. Tuer une personne, même si le but est de sauver une autre personne, c'est clairement un meurtre, c'est interdit.

La question est maintenant de définir la mort. Dans le monde médical, on parle de deux sortes de mort: la mort cérébrale et la mort cardiaque. La mort cardiaque, c'est ce qu'on avait l'habitude de considérer jusqu'à il y a quelques années: une personne dont le cœur s'arrête de battre. Automatiquement, il n'y a plus d'irrigation sanguine dans les organes, les organes s'arrêtent de fonctionner, la personne est morte, et c'est la mort classique. Là, il …

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