La trace que laisse la faute dans l'âme
Les trois degrés de la faute (chet, avon, pesha) et l'empreinte qu'elle imprime sur l'homme, selon Orot haTechouva.
Rav Yaakov Nahon
Ensuite : Torah et téchouva : une nécessité intérieure, 58 min
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Bon. Alors, si vous voulez, on va lire au Père Ecret, on va commencer sur Yud Gimel. Tu veux lire ça, Eytan ? On ouvre la page, Samer. C'est bon, Kol Chet.
Habba mitzal hachet, efshar la'akiro, ben be sirkutei hapanim, ben batteimorat, ben bakol, ben bahanaga, ben bechtavayad, ben besigran alashon, badibou, ou biyotar baketivar, bertsaat arraayounot besidouram. Bamakom sha hachet sotem et haora, shabba peklima yukiret, ulfi madrigat hachet, ulfi yikusot elanose, kaha yukara rosham la'asher yaditu la'anayim.
Ici, le Rav insiste sur l'impression qui reste dans notre âme à la suite d'une faute. Même au niveau de ce qu'ils appellent ici chet, qui est une faute par mégarde.
Nous sommes déjà habitués à comprendre qu'il y a trois dimensions de fautes. La première, de départ, est la faute par mégarde. La seconde s'appelle avon: c'est une faute par tentation. À retenir, essayez de retenir ça quand même. C'est-à-dire qu'il y a quelque chose qui est interdit, mais pour une raison ou pour une autre, on est quand même prêt à transgresser, parce que quelque chose nous pousse.
Par exemple, un exemple pas très agréable: quelqu'un qui crève de faim et qui a devant lui une nourriture qui n'est pas cachère, et il n'y a que ça, en imaginant qu'il n'y a que ça. Alors peut-être qu'il va être malheureusement tenté de le faire et de transgresser l'interdiction, à cause de l'envie qu'il a de manger, parce qu'il a faim.
— Même si… il est en danger de mort ?
Non. Il n'est pas en danger de mort, non.
Il y a aussi ce qu'on appelle pesha, qui se traduit en français par « péché ». Mais pesha, dans le contexte de la langue hébraïque, c'est quelque chose qui est fait par… [03:42]
— Tout à l'heure, merci beaucoup.
Tout à l'heure. Par quelque chose qui est de l'ordre… tu n'as pas besoin d'intervenir. Tu as fini, tu l'as terminé ?
— Non, je t'embarque. Tu as pu prendre ça ?
Ah, très bien, merci. Alors, j'étais en train de parler des différentes catégories de ce qu'on appelle une faute, en commençant d'abord par chet, qui est la faute par mégarde. Il y a un côté pas sérieux dans cette faute-là: il n'a pas fait attention. Mais enfin, ce n'est quand même pas voulu.
Il y a avon, qui est la faute par tentation. Quelqu'un qui, par exemple, a faim et qui n'a rien à manger que du non-cacher. Et quand même, il pense qu'il faut manger, et ce n'est pas un pico-harnais fait… je ne sais pas, il a faim. Il mange parce qu'il a faim, et pourtant c'est interdit. Ou bien une autre faute: il est attiré par une beauté qui n'est pas celle qui lui correspond, parce qu'il est marié. Ça, c'est avon.
Et il y a une troisième dimension de la faute, qui s'appelle pesha. Pesha, c'est finalement une dimension de révolte intérieure. Laisse-moi tranquille avec la mitsva … Shem Mougam, Kedion Mougam, Seda.
Alors, ici, dans le texte qu'on vient de lire, et qu'on va relire encore une fois, le Rav parle déjà au niveau de chet, qui est la faute par mégarde.
Mais déjà à ce niveau-là, quand apparemment l'homme réalise… c'est difficile de penser que ce soit sans qu'il réalise. S'il le fait vraiment de façon inconsciente, complètement inconsciente, ce n'est pas ce qu'on appelle chet. Chet, c'est réaliser qu'on a fait une faute sans le vouloir, mais on a fait une faute, on le réalise.
Si c'est complètement inconscient, alors c'est déjà d'une autre dimension. On peut peut-être penser que, mystiquement, le fait que l'homme fait quelque chose qu'il ne doit pas faire joue profondément à l'intérieur de lui-même. Par exemple, quelqu'un qui se retrouve devant une nourriture qu'il croit cacher, et qui ne l'est pas. Alors, ça, c'est autre chose que le niveau de chet, par mégarde; c'est vraiment par inconscience totale.
Mais ici, il y a quand même une prise de conscience de la faute. Et dès que vient la conscience, à ce moment-là, il y a un résultat. Ken Yitzhak. Demandez pardon, certainement. Si, dans le cas où, vraisemblablement, il y a tout un monde dans lequel on a pataugé… on peut comprendre très bien quelqu'un qui, dans son adolescence, a pataugé dans toutes sortes de fautes.
Il n'était pas encore conscient de ce qui était permis et de ce qui ne l'était pas. Et puis, à un moment donné, il prend conscience. Mais ici, apparemment, ce dont on parle, c'est quelque chose qui est quand même, finalement, compris comme étant une faute. Mais ça laisse une impression.
Donc le Rav nous dit: kol chet, on parle de chet, donc d'une faute qui, au départ, est par mégarde, mais il y a quand même une prise de conscience, car c'est comme ça que je comprends les choses. Il nous dit: mettil haradam yohed talan nefesh.
Qu'est-ce que c'est, harada ? Léatil, c'est déverser, mettre en marche, imposer. Le mot harada, ça veut dire quoi ? Harada, c'est la peur. C'est de là que vient la notion de Haredim. Mais c'est la peur de ne pas respecter notre responsabilité, de ne pas faire les choses comme il le faut. Alors on dit: kol chet, mettil harada…
Meyuhedet, une faute, bien. Une impression de peur spéciale à la nefesh, sur notre nefesh. She'enah mistaleiket, qui ne quitte pas notre nefesh. La nefesh, c'est la zone consciente de notre ego, c'est la zone dans laquelle on choisit. C'est parfois trop peu dit en français.
On peut dire: j'ai mal au fond de mon cœur, dans mon âme, tout ça. Mais quand je veux dire nefesh, c'est quelque chose qui n'a pas la profondeur de l'âme. C'est quelque chose qui, au niveau de l'être conscient, est là, dans la nefesh. Dans le monde juif, c'est là que se trouve le choix, le choix de la personne, la liberté. Elle joue la liberté consciente, elle joue au niveau de la nefesh. Ça se passe là-bas.
Et disons que l'âme veut dominer la nefesh en profondeur. L'âme, c'est déjà une dimension plus profonde, quelque chose de l'ordre de l'étincelle divine qui est au fond de nous-mêmes, et qui essaie de s'imposer. Mais…
Il y a d'autres forces contre lesquelles elle est en train de lutter. Ces différentes forces de tentation qui sont dans le corps, qui au départ permettent et obligent la vie: comme la faim, ou d'autres désirs qui permettent la perpétuation du genre humain, la tentation sexuelle et tout ça. Ce sont des forces qui ont été mises dans l'homme pour la continuité de la vie. Mais quand elles sont exagérées, elles deviennent des fautes, pas mises à leur place.
En tout cas, chaque faute impose une crainte, une peur spéciale à la nefesh, sur notre âme. D'après ce que je comprends, chaque genre de faute apporte son genre d'impression, par le fait que l'homme se rend compte qu'il ne fait pas ce que Dieu veut. Ça peut être la rencontre avec notre conscience, avec une connaissance.
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