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Le Psaume 107 : de la sortie d'Égypte à Jérusalem

Pourquoi ce psaume de Pessa'h est aussi celui de Yom HaAtsmaout et de Yom Yerouchalaïm, et ce que dit David sur la délivrance.

59 min

Rav Rony Akrich

Ensuite : Tehilim 107 : la délivrance vue par David, 1 h 03

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Bon, Kertov, les coulams, et shalom à nos auditeurs et téléspectateurs. Le psaume 107, dans les Tehilim, que nous traduisons habituellement par « psaumes », mais qui, en tant que terme hébraïque, Tehilla, voudrait dire bien entendu plus « louange ». Le mot psaume, dans le langage populaire, a pris l'idée de psalmodier ces versets. Ce sont des psaumes écrits, comme vous le savez, par David HaMélekh.

Le psaume que j'ai choisi n'est bien entendu pas un hasard: c'est le psaume qui se lit au mois de Nissan, à l'occasion de la fête de Pessa'h, et que la Rabbanout Arakhit, en 1948, a jugé, comme de bon aloi, être le psaume qui serait récité à l'ouverture des festivités de Yom HaAtzmaout et de Yom Yerouchalayim. Pour quelle raison ? La chose paraît toute simple: de la même manière que Chazal avaient choisi ce psaume pour la fête de Pessa'h, il est bien évident que nous parlons essentiellement de liberté.

Je vais vous emmener dans le texte. Pour ceux qui me suivent de temps en temps et ceux qui me suivent tout le temps, vous le savez: rentrez dans le texte. Tanarik. Je répète encore une fois: c'est trouvé dans la lettre, sa note; dans le mot, son temps; et dans la phrase, sa mesure.

David HaMélekh n'écrit pas sur un coup de tête. Il n'écrit pas sous l'emprise de je ne sais quel hallucinogène. Il écrit en plein acte de conscience, d'âme et de cœur, concernant ce qu'il va nous dire ici. Nombre de choses vont vous paraître étranges. C'est peut-être même la première fois de votre existence que vous allez rentrer dans l'antre d'un psaume.

Odou LaAdonaï ki tov, ki leolam hasdo. Yomrou geoulat Adonaï asher gaalam miyad tsar. Ou miartsot kibtsam, mimizrah oumimaarav, mitsafon oumiyam. Taou bamidbar, bichimon derekh, ir moshav lo matsaou, reevim gam tsmaim nafsham, bahem titatef.

Le psaume de Pessa'h. Maintenant, David nous autorise à aller voir. Peu de gens s'autorisent à ne pas seulement lire, ou psalmodier, mais à ouvrir les lettres. Oui, pas la lettre. C'est ce que nous allons faire: la lettre, et les lettres que nous allons rencontrer. Parce que vous savez, comme moi, que là où il y a des lettres, il y a du courrier, il y a à dire.

Odou LaAdonaï ki tov: remercier l'Éternel parce qu'il est bon, bien sûr. La seule précision que j'ajouterai, c'est lorsque David écrit Odou LaAdonaï ki tov, il nous dit pourquoi: ki leolam hasdo, à tout jamais son amour s'épanche sur sa création.

La première question qui vous vient à l'esprit, en lisant « Remerciez l'Éternel car il est bon » et que sa bonté se traduit par l'épanchement de son amour sur l'ensemble de sa création, vous auriez une question à me poser ? Laquelle ? Absolument.

C'est pourquoi les sages, dans la Guemara de Brakhot, diront: « Mevarekh ala tova, ala raa, celui qui bénit pour le bien, bénit aussi pour le mal. » Quand, avant-hier, j'ai appris le décès d'une personne que je connaissais, ma réaction a été de dire: « Baroukh Dayan haEmet », le juge de vérité est béni. C'est-à-dire que, même là, il y a une vérité, il y a une justice qui n'est pas entre mes mains. Je suis incapable de préjuger et de présumer des raisons divines. Mais je reconnais que le divin est ici omniprésent, tant dans les moments de difficulté et d'adversité que dans les moments de joie et de réjouissance.

Léhaguid babocker hasdeha. C'est très simple pour tout le monde: quand le soleil est levé, on dit qu'il fait jour.

Je vous avais déjà dit comment je traduis, enfin, comment Yoël et moi traduisons le mot émouna, le mot émouna. Fidélité, parce que c'est la même racine: Aleph, Mem, Noun, Amen, Amin, Néeman, Imoun. Fidélité, confiance. Et la racine Aleph, Mem, Noun, nos sages nous disent qu'elle est la racine de Emet, la vérité. Fidélité, confiance et vérité.

Dire « j'ai la émouna en », c'est vouloir affirmer que je suis capable de me révéler dans l'acte, à travers cette terminologie: de confiance, de fidélité, de vérité. C'est clair ?

Odou Adonaï ki tov, ki leolam hasdo. Yomrou geoulat Adonaï asher gaalam yatsar. Ah ! Je vais vous dire qui va prononcer cette reconnaissance du divin et qui, en penchant tout son amour sur les créatures… Yomrou, ceux qui diront, eux diront: geoulat Adonaï, ceux qui ont été délivrés par l'Éternel, asher gaalam, lorsqu'il les eut tirés, miyatsa, de la main qui les étranglait ou qui les mettait dans une situation étroite. Vous comprenez ce que je dis ? Traduction très sympathique. Mais comprenez que là, David écrit: Odou Adonaï ki tov, ki leolam hasdo, et puis geoulat Adonaï, asher gaalam miyad tsar.

Je laisse miyad tsar de côté, vous allez voir dans un instant pourquoi. Mais jusqu'à maintenant, jusqu'à ce miyad, il y a un point dans les Tehilim: je reconnais l'Éternel parce que je sais que cette liberté retrouvée, cette souveraineté en voie d'être acquise, de moi-même ou du peuple d'Israël… Vous comprenez pourquoi les sages choisissent ce psaume dès maintenant.

Parce que le premier mot à paraître ici, deux fois dans le même verset, c'est lequel ? Gueoula. Gueoula, bien entendu. Il y a fait mérod, après, au verset suivant, comme dit: « Il les a rassemblés des pays de l'Est et de l'Ouest, du Nord et du Sud. » Et là, vous me dites…

Ilé mé-ode bidiouk. C'est exactement ce que nous demandons à nos étudiants et étudiantes. Parce que vous travaillez le Tanakh, mais vous ne lisez pas le Tanakh. Et là, vous venez de comprendre quelque chose que notre ami a mis en relief: David écrit par rapport à la délivrance d'Israël. Nos sages ont pris cette délivrance pour la délivrance que David connaissait, celle d'Égypte, bien entendu. Mais qui n'en disait pas moins de la délivrance à venir.

Parce que quand il y a marqué ce pluriel, c'est certainement ce qui a dû vous faire sursauter, intellectuellement parlant, je parle. Ce pluriel: « il les a rassemblés des pays ». Est-ce qu'à l'époque de l'Égypte, on a été rassemblés de pays, ou d'un pays ? C'est clair. La leçon est sans ambiguïté ici, et notre ami a totalement raison. C'est donc qu'il nous parle de quelque chose qui n'est pas seulement l'Égypte, mais qui sera une autre Égypte, plurielle. Ah, là ça devient intéressant, bien entendu.

Excusez-moi, je mets mon téléphone sur silence, parce que je ne veux pas être celui qui dit et celui qui ne fait pas. Donc je continue.

Alors, vous avez vu ? Aleph, Beth, Gimel: où en sommes-nous ? C'est magnifique. Pas « chouette », c'est extraordinaire. Dalet, je vous dis à chaque fois où nous sommes. Je vous rappelle que Gueoula, je vous l'avais dit, mais je le répète parce que c'est tellement magnifique dans la dialectique maharalienne: la racine de Gueoula, c'est Gal. Et la racine Gal donne Gola ou donne Gueoula. Mais la guématria de Gola, c'est Dam, le sang. …

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