Paracha Vayichlah (06/12/11)
Rav Yossef David
Ensuite : Paracha Vayigash (22/12/09), 48 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
On commence. Donc, paracha Vayichla'h. C'est bon ? Ça va ? Bon. De quoi traite la paracha Vayichla'h ? En gros, on peut dire que c'est la première rencontre entre la famille de Yaakov et Essav, et que ça ne va pas très bien se passer. Ça ne va pas très bien se passer avec Essav, ça ne va pas très bien se passer avec Chekhem. Un gros paquet de problèmes quand même.
À travers cette paracha, on va voir encore une fois la personnalité de Yaakov, qui se comporte d'une manière différente, comme on l'a déjà expliqué: est-il sous le drapeau de Yaakov ou sous le drapeau d'Israël ? On dit qu'Israël, c'est le juif qui sait gagner ses guerres. Et Yaakov, c'est le juif de la galout, de la diaspora, qui se dresse cette fois devant son grand frère.
On va vous expliquer aussi que tous les problèmes qu'on a aujourd'hui en Israël viennent de là: comme on va le voir dans la paracha de la semaine, même après qu'on a été appelé Israël, on a le yetzer hara de redevenir Yaakov. C'est-à-dire que Yaakov, c'est ce qu'il y a de plus facile. Yaakov, on fait ce que les Goyim veulent, on est contents, ils sont contents, on se fait un peu éclater au passage, on a quelques morts, mais c'est pas grave, on a besoin de les affronter.
Israël, c'est beaucoup plus dur comme destin affirmé. Évidemment, le destin qu'on attend du peuple juif, c'est d'être Israël, pas d'être Yaakov. Yaakov, c'était pour la galout. C'est bien une galout, mais en Erets Israël, on doit devenir Israël. On va donc voir que le passage de Yaakov à Israël se fait justement dans le passage de la galout vers Erets Israël. Sur le chemin de Yaakov, quand il revient en Israël, c'est là qu'on va lui donner pour la première fois le nom d'Israël. Or on avait dit que le nom d'Israël commençait déjà à apparaître avant.
Donc, on arrive à la rencontre avec Essav, première partie. Comme vous le savez, comme le midrach le raconte, comme Rachi l'amène, Yaakov s'est préparé à trois choses. Il faut bien comprendre quelle est la situation. C'est vrai qu'il a fait beaucoup d'argent chez Lavan. Mais il a une famille, malgré tout. Combien d'enfants à l'époque ? Douze. Et une fille.
Il est en route avec toute la famille, les chameaux, les ânes, tout ça, et il est en route pour rentrer à la maison. Essav, lui, n'attend pas avec sa famille, il attend avec une armée: 400 hommes qui viennent, pas pour rigoler, qui viennent pour tuer. Essav n'a pas pris ce qu'il fallait: il s'est dit, moi j'arrive armé, avec une armée, pour être sûr que je le liquide. Et Yaakov a un problème avec ça. On va analyser quel est ce problème.
Ce n'est pas seulement un problème d'infériorité numérique, c'est un problème beaucoup plus profond, qui poursuit le peuple juif jusqu'à aujourd'hui, et on va le voir dans l'exécution. On aurait pu croire: il y a Kariano, il y a les femmes, les enfants, et 400 hommes armés devant lui. C'est ça. Dis-moi, tu as oublié que tu avais la promesse de HaKadoch Baroukh Hou qu'il ne t'arriverait rien ? De quoi as-tu peur ? Quel est le problème ? Il n'y a pas de quoi avoir peur, mais on va voir que ce n'est pas ça qui lui fait le plus mal.
On peut croire que c'est ça. On peut dire: HaKadoch Baroukh Hou a fait une promesse qu'il le protégerait. Maintenant, protégé comment ? Ça se trouve, il survivra ? Ou alors, la moitié de ses enfants survivra ? Ça se trouve, il a déjà reçu tous les mérites, et quand on lui a dit, il a déjà été protégé chez Lavan, et la promesse est finie ? Donc il y a de quoi avoir peur, à ce niveau-là. Mais, malgré tout, le midrach nous dit que ce n'est pas ce qui fait peur à Yaakov. On va se rendre compte que ce qui lui fait le plus peur, c'est cette guerre possible avec Essav, son frère. Ce n'est pas seulement de se faire tuer, c'est peut-être aussi de tuer. Pas tuer n'importe qui: tuer Essav, tuer son frère. On va le voir dans les Souccot.
Donc il envoie des messagers rencontrer son frère. Il se prépare à trois choses: la prière, et quoi d'autre ? Qu'est-ce qu'il fait pour apaiser Essav ? Les cadeaux, les prosternations. Et la dernière chose: il prépare la guerre. Il se prépare à ne pas rigoler non plus. Il est donc prêt à faire la guerre s'il le faut, mais il va tout faire pour l'éviter.
Jusqu'à présent, on peut comprendre. Il n'est pas prêt, numériquement, militairement, face à un ennemi qui est un guerrier entraîné, dont la seule idée est de liquider sa famille. Et Essav a attendu une vengeance depuis longtemps. Rappelez-vous combien de temps Yaakov a quitté la maison: 20 ans. 20 ans que Essav attend pour tuer son frère. Imaginez qu'il a dû dessiner des photos de Yaakov partout, qu'il a joué aux fléchettes dessus. Imaginez qu'il l'attendait, quoi.
Dans cette situation, Yaakov va devoir affronter. Il va d'abord choisir l'apaisement, et l'apaisement, comment ? En envoyant des tonnes de cadeaux. On va voir aussi qu'il y avait toute une technique pour amener les cadeaux, on va voir ça après. Donc trois choses, c'est important, ce que dit Rachi: prière, cadeaux, guerre. Ce sont les trois choses que Yaakov prépare.
Maintenant, je voudrais arriver à ce qui est le plus problématique dans la rencontre de Yaakov. Oui, vas-y.
— Yaakov, quand il combat l'ange, sa famille a déjà passé le Jourdain. Il est revenu.
Donc il a laissé sa famille de l'autre côté ? Il est à quelques mètres, hein. Il a juste passé le Maavar Yabok, il a juste passé la rivière, et il est revenu. Mais il ne faut pas la traverser, parce que c'est dangereux. On va voir cette histoire de passage, c'est important. On va voir ce qui s'est passé là-bas, et s'il y a des conséquences jusqu'à aujourd'hui. C'est même lié à la Shoah.
Il y a une phrase que tout le monde cite dans la paracha: Vayyira Yaakov, Yaakov a eu peur, vayitzar lo, et il a eu mal. Il a partagé son peuple et son bétail en deux camps. En hébreu, vayyira, avoir peur, et vayitzar, c'est plus fort qu'avoir peur: être angoissé, être serré. Donc Yaakov a eu peur de se faire tuer, et il a été angoissé à l'idée de tuer. Pour Yaakov et nous, la plus grande problématique dans cette rencontre avec Essav, c'est cela. Je ne dis pas que c'est quelque chose de normal, mais c'est ce que Yaakov est, c'est ce que nous sommes. C'est plus dur de tuer que de se faire tuer. Vous imaginez ? Pour Yaakov ?
Eh bien, c'est ce qui est écrit: vayyira Yaakov meod vayitzar lo. Vayyira, il a eu peur qu'il le tue. Vayitzar lo, il a eu peur de se …
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