Paracha Tsav (Chabbat Zahor) (17/03/11)
Rav Yossef David
Ensuite : Paracha Vaera (28/12/10), 58 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Tav Shalom Ikolam. Nous sommes la veille de Pourim et la veille de Chabbat Zahor. Il y a quelque chose d'assez étrange dans l'histoire du peuple juif: ces dernières années, depuis pas mal d'années, à chaque fois que l'on se rapproche de Pourim et de Chabbat Zahor, on a une bonne occasion de se rappeler qui est Amalek, et qu'Amalek ne nous oublie pas.
Nous avons eu malheureusement, le Chabbat, une démonstration en couleur de la haine que possèdent certaines personnes contre le peuple juif. Une haine que l'on n'arrive pas à comprendre, qui a uni tout le pays devant l'incompréhension et la colère. Et on va essayer de le comprendre à travers les floukim qui se rapportent à la paracha d'Amalek. Alors, qu'est-ce qui s'est passé avec Amalek ?
Le peuple juif sort d'Égypte, un peuple qui n'a jamais fait la guerre, qui a vécu en esclavage pendant des centaines d'années. Et il va se faire agresser par des gens qui ne lui ont rien fait, et qu'il ne connaît pas, et qui n'habitent même pas là. Des gens qui sont venus pour l'attaquer, des gens qui ne sont pas en danger par l'existence du peuple juif, et pourtant qui vont décider que ça vaut le coup, même s'il y a un risque de tristesse minée, de venir attaquer Israël.
Très, très bizarre comme idée. Parce que, dans la peau d'un Juif, on ne peut pas comprendre une chose comme ça. Les Juifs, personne ne possède une haine pareille. On n'arrive pas à comprendre que des gens puissent nourrir cela. Les gens qui ne possèdent pas la Torah ne parviennent pas à comprendre ce phénomène de la haine de nos ennemis envers nous, alors ils cherchent des justifications dans notre comportement, en disant: sûrement on leur a fait quelque chose.
Jusqu'à s'identifier à la cause de nos ennemis. Chose qui les fait déjà trancher la barrière, et ça fait que, si avec ces gens-là on peut prier avec... Donc, tout d'abord, le contexte historique. Amalek apparaît dans l'histoire à un certain nombre d'endroits. Il n'apparaît pas tout le temps. Il apparaît uniquement à une époque particulière, l'époque juive, une époque d'indécision, puisque vous connaissez tous la guématria d'Amalek.
La guématria fait que, quand il y a un doute quelque part, Amalek apparaît. Contrairement à ce que d'autres interprétations aiment bien dire, quand on a un doute sur l'existence d'Hachem, alors Amalek apparaît. Eh bien non, ce n'est pas du tout le cas. Il y a eu beaucoup de périodes où il y avait des doutes comme ça dans le peuple juif, et Amalek n'est pas apparu. Il est apparu dans un autre type de période, on va le voir.
Alors, voyons comment ça commence. Dans la paracha Béchalah, le pessouk précédant Amalek se termine ainsi: Ayesh Hachem bekirbénou im ein. Le peuple se demande: est-ce que Dieu est en nous ou pas ? Et tout de suite après, on fait venir Amalek. Il y a donc effectivement une interrogation qui existe dans le peuple juif et qui amène l'arrivée d'Amalek. Mais ce n'est pas l'interrogation de savoir si Hachem est là ou s'il n'est pas là. C'est quelque chose de beaucoup, beaucoup plus subtil.
On va le voir, et on va voir quel est le rapport avec notre génération, et pourquoi on a aujourd'hui des gens qui se comportent comme Amalek. Même si génétiquement ils ne sont pas descendants d'Amalek, on voit dans leur haine un comportement qui ressemble à celui d'Amalek. Pour comprendre qui il est, on va essayer de comprendre d'abord le personnage historique qui s'appelait Amalek, parce qu'Amalek a existé.
Amalek était un descendant d'Essav. Bon, on sait qu'Essav n'aime pas naturellement le peuple juif. Il est écrit halakha, « Essav hay Yaakov ». Il y a une phrase très bizarre dans le Talmud, qui nous dit que c'est une halakha, sachez-le, que le monde occidental est le monde juif, le judaïsme, le peuple juif. Pourquoi a-t-on besoin d'écrire un truc comme ça ? A priori, on ne connaît aucune Haggada, aucune histoire de pensée juive où il est écrit le mot halakha. Eh bien, le Rav explique que l'on est obligé de dire halakha, parce que très souvent le peuple juif va croire que les chrétiens veulent son bien, et c'est pour cela qu'ils le poussent à faire certaines choses.
Quand Obama met une pression sur Israël pour qu'il renonce à son et à sa terre, il dit: ne vous inquiétez pas, je fais ça pour votre bien. Quand il y a un corps à peur d'Essav qui vient pour le tuer, il dit: protège-moi de mon frère, protège-moi d'Essav. Protège-moi des Essav: c'est ce qui s'est passé pour mon frère. Parce que j'ai du mal: quand le peuple juif, quelqu'un lui montre de la fraternité, eh bien il fond. Il fond, il est prêt à tout donner. Il n'a plus qu'une fois dans l'histoire vu cela, et surtout quand ça vient d'Essav.
Quand ces Essav viennent, il dit: voilà, un petit sourire, un petit baiser, une étreinte, et ça y est, Yaakov a fondu. Et donc on va avoir ce personnage d'Essav qui, naturellement, est déjà... Et il va avoir un fils, qui va s'appeler Eliphaz. Il va envoyer Eliphaz pour tuer Yaakov. Ça va mal se passer, parce qu'Eliphaz n'était pas assez rachat pour tuer son oncle, et donc ça n'a pas marché.
Et en fait, ça va être le petit-fils d'Essav, qui s'appelle Amalek, fils d'Eliphaz, petit-fils d'Essav, qui va être l'ennemi juré, génétique, congénital d'Israël. Après qu'on a vu qui est le père d'Amalek, qui pose déjà un patrimoine génétique lourd, voyons qui est la mère d'Amalek: c'est encore pire, c'est chaleureux. Parce qu'Amalek est le fils d'une femme qui s'appelait Timna. Ahot Lotan, Timna: Lotan est un prince, Timna, sa sœur, est une princesse.
À l'époque, le monde savait qu'il y avait une prophétie connue selon laquelle le peuple juif allait naître et allait passer par la famille d'Abraham Avinu. Timna, nous raconte le midrash, est venue voir Abraham Avinu et lui a dit: je voudrais me marier avec toi. Évidemment, Timna n'était pas du tout tsadikah, elle n'était pas du tout comparable à Sarah, et Abraham la rejeta. Elle est alors allée voir Its'hak. Its'hak lui dit non, parce qu'elle ne pouvait pas être comparée à Rivka. Elle est alors allée voir Yaakov.
Vous comprenez que c'est un midrash, parce que là ça commence à faire un petit peu vieux. Alors Yaakov dit non, non, pas question, il dit: « Je la refuse. » Et cette Timna, tellement elle voulait enfanter le peuple juif, tellement elle voulait être la mère du peuple juif, eh bien elle a accepté d'être, pas même la femme, la concubine du fils des sages, pour entrer dans la famille, pour avoir à genoux la famille du peuple juif.
De toute cette frustration de ne pas avoir enfanté le peuple juif va naître Amalek. Amalek, la personne qui va refuser, qui va toujours apparaître quand le peuple juif hésite à prendre …
Cours de Machon Meir
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311 cours du Rav Yossef David, donnés au Machon Meir (Jérusalem). Thèmes : Pensée juive, Erets Israël, Émouna, Rav Kook, Moadim.
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