Peut-on tuer par amour ? La légitime défense selon la pensée juive
Pourquoi tuer un ennemi qui menace la vie est un devoir, sans jamais en tirer de joie ni de haine.
Rav Rony Akrich
Ensuite : Une formation morale, 51 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Il y a Oyev, c'est-à-dire celui qui a le statut d'ennemi. Hakam lehorgékha hachkém lehorgo. S'il est ton ennemi et qu'il se lève pour te détruire, tu dois te lever et le détruire. D'accord ? C'est clair, ça. Ce n'est pas à toi de décider s'il nuit ou non. Il nuit parce qu'il s'est transformé en Oyev, en ennemi.
C'est-à-dire qu'il vient contrecarrer l'existence qui est la tienne et la définition qui est la tienne. Et sa volonté n'est pas de lutter au niveau des idées, mais au niveau du corps. Cela veut dire te détruire. À ce moment-là, tu dois te lever et le détruire. Mais la deuxième référence, c'est la suite qu'il faut savoir: Bin'fol oyévha al tismah.
Au moment où ton ennemi tombe, ne te réjouis pas. Tu ne l'as pas tué parce que cela te faisait plaisir de le tuer, mais parce qu'il voulait t'annihiler, il voulait te détruire. Tu ne dois ressentir aucune joie dans cela, parce que si tu ressentais une joie, cela toucherait à l'essence de l'être qui est toi, et cela entacherait cette essence. Tu comprends ?
Ça, il faut faire très attention. Il faut le tuer. Si c'est un ennemi qui s'est levé pour te tuer, tu dois le tuer pour préserver ta vie. Tu ne dois tirer aucune jouissance de la mort d'autrui, quel qu'il soit. Pourquoi ? Parce qu'il n'est pas question de l'acte que tu fais pour préserver le devenir de ce que tu es.
Il est question ici de ce qui pourrait venir contrecarrer la pleine expression de l'être que tu es, de la nefesh qui est la tienne. Tu comprends ça ?
— Eh bien, je ne sais pas, mais nous, on va commencer. Euh, oui, eh bien vas-y, Rachel. Sûr. Oui, oui. Non, ça n'y a pas, ça n'existe pas, ça n'existe pas, ce bitouille. Ce n'est pas beau.
Mais je n'ai pas compris ce que vous mettez dans le fait de vouloir tuer. Tuer qui ? Celui qui ? Oui, mais s'ils se sont levés comme ennemis, s'ils sont venus pour te tuer ?
Oui, ah bah oui, bah oui, ça, nous le savons. Dans toutes les lois, même étrangères, il y a l'acte de légitime défense. Bien entendu, au niveau national, il doit y avoir une réaction à l'encontre de l'ennemi qui vient annihiler ta possibilité de devenir, bien sûr. Il n'existe pas de tuer avec amour. On t'a dit que tu dois le tuer parce que tu as une réaction
qui te fait vouloir vivre au-delà de la mort qu'il décide de te donner. Oui, tu dois le tuer. Et il est certain qu'au moment où tu vas donner la mort à ton ennemi, comme en temps de guerre, ou lors d'une opération policière, de commando, ou je ne sais trop quoi, il est évident que tu dois le faire.
La seule chose qu'on te demande, c'est de ne pas… Al tismah, ne te réjouis pas de la mort de ton prochain. Tu n'es pas là pour une jouissance personnelle, parce que cela entacherait l'être. Mais que tu aies à faire ton devoir, c'est-à-dire annihiler cette personne qui désirait, qui aspirait à ne plus te voir être et devenir, bien sûr qu'il faut le faire.
Vous allez me dire que c'est très facile de parler, mais quand on est en temps de guerre, cela demande une certaine poussée d'adrénaline qui fait qu'on devient un peu enragé, un peu du côté animal. Eh bien, bien sûr que l'on devient ainsi. En temps de guerre, la seule chose, c'est qu'il faut garder une certaine mesure, de cet être-là, de ces midot d'êtres.
Bien entendu, nous ne pouvons pas dire que lorsque le soldat monte à l'assaut, il n'y a pas en lui une part de rage, une part de vengeance, une part de haine. Mais il faut savoir encore ce qu'on te demande. C'était pour demain, je voulais vous le dire, mais c'est marrant: il faut haïr le mal. Il faut haïr le mal, tu comprends ? Si la haine est une mida, haïr le mal est une mida pour le bien, c'est-à-dire haïr le mal.
Je t'aime, toi, mais je hais le mal qui est en toi. Oui, haïr le mal, c'est tout. Mais le mot haïr pour haïr ne doit pas exister. Tu peux dire « je n'aime pas ». Bon, c'est une de mes premières phrases de Techouva. Quand j'ai dit au Rav, on mangeait dans la chambre à Dassa, ensemble, il m'a donné du fromage jaune, gvina tsehouba. J'ai dit « je hais ».
Il m'a dit: on ne dit pas, tu n'aimes pas le fromage, tu n'as pas besoin de dire que tu hais le fromage. Pourquoi ? Parce que l'utilisation de ce terme de haïr vient entacher l'être que tu es. Fais attention aux mots que tu emploies, parce que ces mots ont une influence sur l'être que tu es. C'est ça que je voulais dire.
On ne tue pas par amour. Non, pas du tout. On ne tue pas. Pas du tout, pas du tout. Ça n'existe pas, c'est antinomique. Tuer par amour, c'est quoi, cette histoire ? C'est un crime. Tu sais quoi ? Tuer par amour, c'est un crime contre toi-même.
Tu n'as pas tué par amour. Tu as tué parce que c'était un individu qui venait entraver la bonne marche de l'humanité dans toute sa dimension morale et éthique. Mais on n'amputé pas par amour. On amputé en conséquence d'un état pathologique précis. Tu comprends ? Tu n'amputés pas par amour. C'est d'ailleurs tellement important.
Cette chose-là, nous allons travailler avec toi ensuite sur la manière dont tu vas devoir te mesurer à ce qu'on va appeler le membre fantôme. C'est-à-dire que ce membre sera toujours ressenti, et donc l'amputation n'a pas pu être… Si c'était une amputation par amour, comme tu dis, alors il n'y aurait point besoin de venir réhabiliter la personne humaine amputée, au vu et au su de ce manque important.
Mais elle a entendu que non. Elle est arrivée à la conscience et à la connaissance de la nécessité de cette amputation. Il y a Ichloum imamtsiout, et là elle est en plein accord avec la réalité. Mais dans ce plein accord avec la réalité, ne viens pas me dire que c'est par amour, que ce soit sans haine, sans rage, sans colère.
Le restrictif de l'analyse ici est nécessaire, mais ne viens pas dire « je tue par amour ». Tu te rends compte de ce que cela veut dire ? Si cette chose-là existait dans l'âme et la conscience de l'être que tu es, tuer par amour, où cela pourrait-il nous entraîner ? C'est très dangereux. Tu as tué en réaction au danger.
Au danger qui venait mettre en question ta survie, tu comprends ? Le médecin n'intervient pas simplement parce qu'il est entré dans la religion de la médecine. Le médecin va amputer parce qu'il aspire à voir son malade continuer de vivre. C'est le rôle du médecin, tu comprends ? C'est son rôle.
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