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Le cœur blessé par la faute et la voie de la techouva

Le Rav Kook explique pourquoi la faute contredit l'harmonie de l'homme avec le monde, et comment la techouva la rétablit.

39 min

Rav Yaakov Nahon

Ensuite : Le mal révèle le bien : la techouva selon le Rav Kook, 53 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Maintenant, nous allons mettre les mots sur notre courbe et sur Orot HaTechouva. Je prends le Père Écrète à la page Noun Vav. J'espère qu'on va pouvoir voir deux paragraphes qui se suivent dans ce Père Écrète: le paragraphe Guimel et le suivant. Ils sont un peu liés l'un à l'autre. Et le Rav essaye de situer, dans ces textes-là, la position de ce que nous avons l'habitude d'appeler, dans notre jargon de tous les jours, un rachat: des gens qui ont des problèmes dans ce monde et qui souffrent. Le Rav essaye d'analyser ce qui se passe dans le cœur de quelqu'un que l'on désigne, dans notre monde, comme quelqu'un qui est contre la Torah, qui est révolté. On appelle ça quelquefois, dans notre jargon, Rasha, d'accord ? Méchant.

Je finis dans un premier temps toute la lecture, on reviendra ensuite peu à peu sur le texte.

K'im, mi-yesodo shel hachet, mitokho ma'alat ha-nefesh. Shenaseh hafoukh, miseder ha-yeshout. Zorachat, ba'or ha-yashar ha-elohi, lekhol ha-matsuya me-ourgan, be-ardut ve-kivoun me'ouleh. Mipené zeh, otam, asher nasham ra'a mi-yesoda. Beshoresh ha-chataim kulam, munach be-deotayim, be-sheifatam ut-kunat levavam.

Hinam, ra'ei ha-ayin, asher ha-olam kulo nirei la-em be-tseva kol kakh shachor aden tachlit, em ema mitra'amim al ha-olam ve-al ha-chayim, ba'alei atzivu de-trol, asher la-agam mi-kol ha-avaya hu shchok ha-ksil, asher lo yada le-havin ki tov Hachem lakol.

Je prends depuis le début. Kol chet mad'iv etalev: le mot mad'ev, d'avon, c'est un peu la souffrance, la peine. Kol chet, chaque faute que l'on fait, mad'iv etalev, qu'elle afflige notre cœur. Pourquoi ? Parce que cette faute... c'est un thème qu'on a déjà vu plusieurs fois, et le Rav revient beaucoup dessus, et ça doit être très centré chez nous, très bien compris. Parce que cette faute, sotèr... le mot sotèr, c'est contredire, être contraire. Donner une gifle aussi, ça s'appelle sotèr, c'est-à-dire que l'idée, c'est contrer. C'est vrai qu'il y a aussi le sens de sotèr qui veut dire cacher, mais ici sotèr a le sens très clair de contredire. Alors la faute contredit.

L'unité, disons le potentiel d'unité qu'il y a entre ich ha-prati, la personnalité particulière de la personne qui a fait la faute, et kol ha-havaya, toute l'existence. Pour le Rav, c'est une chose évidente que l'homme qui est sans faute se trouve en résonance avec l'existence.

En harmonie. Quand on nous présente, dans les textes des midrachim, quelle était la place et la relation entre Adam et Dieu d'avant la faute et le monde créé... bon, c'est un midrach, mais ceux qui l'ont écrit savent ce qu'ils disent. C'est la situation d'un homme très en harmonie avec le monde, très uni avec le monde, que le monde respecte, que le monde aime, que le monde veut servir, et qui est en joie avec le monde, en communion. C'est pareil pour le Gan Eden, le Paradis. Qu'est-ce qui l'a fait sortir de ces dimensions-là ? La faute. La faute, finalement, éloigne l'homme de ce potentiel d'harmonie qu'il porte en lui. Alors le Rav nous dit: chaque faute mêle le cœur en peine, parce que les peines de choses sautent. Ça contredit.

Au fond, l'unité potentielle chez ben ha-ishyout ha-pratit, entre cette existence particulière de cet individu, im kolah ve-yakulah, avec toute l'existence, u-mitrapé... ça se corrige, ça se guérit, rak à travers la techouva. Uniquement par une techouva qui remet les choses à leur place. Qu'est-ce qu'elle fait, cette techouva ? Zorea ha-or ha-hayyada... ba-or a-chefa ha-elyon, shelo'id ha-lihout, asher lehavayat ha-metsit... Zorea ha-halav, lui, fait luire, illumine, sur lui, or, une lumière. Shefa ha-elyon, l'abondance d'en haut, le déversement des forces d'en haut, de quoi ? D'une ida lihout, d'un idéal.

Lumière idéale qui revient sur lui. Chasséret ha-achvaya ha-klalit ve-ha-atama le-havaya le-ofi ha-betohu. Ici, il y a deux mots qui sont très proches l'un de l'autre: l'un, c'est achvaya, qui est l'égalité, être sur le même plan; et atama, qui est le fait de l'harmonie. Bezé, par ce cheminement, par ce biais de la techouva, chasséret, à hachvaya, à klalit, revient l'égalité et l'harmonie avec l'existence. Elle réapparaît à nouveau. Ve-shav ve-rapha lo. Il revient et il est guéri. Il y a un temps dans lequel il était en contradiction avec l'existence, et à travers la techouva, il revient, il se relie à nouveau avec l'existence, avec laquelle il rentre en harmonie.

Je pense que tout ce côté idéal, c'est tout ce côté dans lequel la vie a un sens. L'harmonie avec la vie, mais c'est toutes les aspirations que l'on peut porter dans ce monde qui se réalisent. Une partie de notre vie est un mélange dans lequel nous sommes portés par des idéaux qui se réalisent, comme tu le sais, partiellement dans notre vie.

J'allais dire, dans le sens de ce qui est dit ici: malheureusement, on porte un pourcentage de fautes, d'erreurs, qui sont le résultat de nos erreurs particulières, et aussi de l'héritage des erreurs du monde entier, qui remplissent le volume de l'existence, qui sont autour de nous et qui jouent aussi sur nous. Il y a quelque part l'humanité, à cause des fautes qui se sont accumulées, qui reviennent, fait qu'on n'arrive pas à vivre les idéaux comme on le voudrait. Mais la vision idéale de la vie a son

sens. C'est un monde dans lequel l'homme est près de son Dieu, un monde dans lequel la tête et le cœur sont en accord, un monde dans lequel il y a la joie, un monde dans lequel il y a une harmonie du regard, de la rencontre avec les autres créatures, qui est sympathique, harmonique, compréhensible. Une série de choses comme ça, dans lesquelles... comment j'aurais voulu voir la vie ? Et au départ, en principe, c'était comme ça. C'est comme ça que ça aurait dû être. C'est la faute,

finalement, qui nous a fait sortir de cette situation idéale. Maintenant, est-ce que cette faute était évitable, inévitable ? C'est une autre question.

C'est un autre monde. Et de façon idéale, le monde a un sens. Et c'est ce monde plein de sens qui, d'après le Rav, enfin, le Rav insiste sur ça, revient vers l'homme quand il fait techouva. La techouva ouvre ça. Il revient, et il en est guéri. Alors regarde ce qu'il dit à la phrase suivante. Il dit comme ça:

Om Nam. N'oublions pas qu'on est dans un paragraphe, dans un chapitre, dans lequel le thème de la souffrance est le thème central. Quelle est notre relation à cette souffrance ? Où est-ce qu'elle se trouve ? L'acceptation du fait qu'elle existe. Jusqu'à maintenant, on n'en parlait pas tellement; maintenant, on en parle très officiellement. Ça existe. Il y a un volume de souffrance qui est dans notre vie, quelque part. Bon, qu'est-ce qu'on en fait ? Alors le Rav nous dit: Om Nam.

La raison de la souffrance, ce n'est pas uniquement à cause de la faute, j'allais dire, la faute ponctuelle. Le fait d'avoir fait une faute, telle ou telle faute, ponctuelle, que je peux décrire comme faute... Tout de suite, je reviens. Laisse-moi finir, peut-être que tu n'auras pas de questions, tu vas …

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