Yavin roi de Hatsor et la guerre du Nord
Yehoshoua bat la coalition du Nord à Mérom, mais ne reste pas sur place : pourquoi la victoire reste provisoire.
Rav Eytan Fiszon
Ensuite : Le bilan des trente et un rois vaincus par Yehoshoua, 60 min
En bref
Le Rav Eytan Fiszon étudie le chapitre 11 de Yehoshua, qui relate la guerre du Nord contre la coalition menée par le roi Yavin de Hatzor, ville alors la plus grande d'Erets Israël. Il montre comment Yehoshua, faute de pouvoir tenir les villes et protéger sa population, pratique des attaques éclair suivies de retraites, et comment la différence technologique (bronze contre fer, chars de la plaine) rend ses victoires d'autant plus remarquables. Le cours aborde aussi la question de l'extermination des ennemis, celle de l'absence de paix avec les autres peuples, et la différence entre l'accueil d'un converti individuel et l'intégration d'un peuple entier.
Début du cours (texte)
Lire le début du cours
Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Yovi, shalom et coulam. Donc voilà, c'est parti en direct de Varsovie. On étudie le livre de Yehoshoua. La yeshiva Orot veKelim n'a jamais été aussi internationale, dans les pays les plus bas du monde. Exactement, exactement. Oui, l'histoire du Rav Yehouda Bibas de ce matin, évidemment. C'est scandaleux que les gens ne la connaissent pas.
Donc j'ai amené ma petite terouma à l'édifice. Effectivement, la Pologne, un pays bien connu de notre chef Elitia. Voilà, voilà. Alors on y va ! Donc on est dans le chapitre 10, c'est bien ça ? Mamash ? Pour faire un petit retour sur le chapitre 9, on a commencé…
…les guerres. C'est-à-dire qu'on a vu la guerre de Yericho, on a vu la guerre de Haï, on a vu la guerre menée pour venir en aide aux Givonim. Et en fait, la guerre qu'on a menée pour venir en aide aux Givonim était la guerre du Sud. La coalition qui s'est mise avec le roi de Jérusalem, Adonit Tzedek, c'était la coalition des rois du Sud. Maintenant, dans le chapitre 10… Ah, je pense qu'on a fini le chapitre 9 ?
On a fini le chapitre 10, mais on va commencer le 11. Ah, Ad Kedekar. Très bien. Alors, chapitre 11, effectivement. Nous commençons avec les guerres du Nord, du Nord d'Israël: Vayichma Yavin melekh Hatsor, vayichlach el Yovav melekh Madon, ve-el melekh Chimron, ve-el melekh Akhchav.
Alors, où est-on ? On est sur ce qu'on appelle aujourd'hui le Galil Merkazi. On est à Hatsor, et on connaît aujourd'hui la ville de Hatsor HaGlilit, qui existe juste à côté de ce qu'on appelle Tel Hatsor. Tel Hatsor était la grande ville de l'époque. Quand je dis grande ville de l'époque, les amis, on parle de la plus grande ville de l'époque en Erets Israël. Hatsor a des dimensions évidemment plus grandes que Yericho, plus grandes que Jérusalem.
Il y avait Tel Hatsor, la ville de Hatsor à l'époque, et il y avait également Meguido. C'étaient les deux grandes villes de l'époque. On retrouve à Hatsor et à Meguido une ville qui a pratiquement plus de 5000 ans. Là, la ville de l'époque de Yehoshoua, ce n'est pas 5000 ans: Yehoshoua, c'est il y a à peu près 3500 ans. Mais on a retrouvé à Hatsor et à Meguido, les deux grandes villes de cette époque-là, des vestiges qui ont près de 5000 ans. On est donc dans le domaine de l'une des plus vieilles villes du monde.
De la même façon qu'Adonit Tzedek était le patron de la coalition du Sud, nous avons ici Yavin, melekh Hatsor, qui est le patron de la coalition du Nord. Je sais déjà qu'il ne va pas être battu pendant cette guerre, lui, le roi. Pourquoi ? Parce qu'on va le retrouver dans le livre de Chofetim. C'est lui, Yavin, le patron d'un certain Sisra. La guerre de Barak et Dvorah est contre Yavin et Sisra. Cela veut dire que Yehoshoua n'a pas tué Yavin ici. Mais comme on l'a déjà vu, très souvent, les combats ne se font pas dans la ville. Yehoshoua remporte une victoire, mais elle n'est que temporaire.
Pourquoi la victoire n'est-elle que temporaire ? Parce que Yehoshoua, comme on l'a dit la semaine dernière, attaque en mode chikot. On fait une attaque, on bat l'armée, peut-être même qu'on va faire une attaque sur la ville, mais après on ne reste pas. Yehoshoua retourne dans son camp de base. Et puisqu'il retourne dans son camp de base, les gens peuvent se remettre en forme. Il n'existe évidemment pas d'armée qui viendrait conquérir une bande de terre côtière avec des terroristes dedans, qui les battrait de manière éclatante grâce à nos soldats extraordinaires, et qui déciderait ensuite de repartir en les laissant se réarmer, se réapprovisionner et se remettre en place. Cela paraît de la science-fiction, bien sûr. Malheureusement, c'est ce qui se passait à l'époque de Yehoshoua.
Pourquoi fait-il cela ? Parce qu'il n'a pas les moyens de s'implanter dans les villes, pour la simple raison qu'il a toute une population civile derrière lui. Il ne peut pas trimballer la population civile avec lui pendant les combats, et il ne peut pas non plus la laisser sans protection. Imaginez: à chaque fois qu'il conquiert une ville, il laisse une partie de son armée, et à la fin, il n'y a plus personne. Il s'agit donc de faire une grosse première impression, de conquérir le pays dans son niveau général. Ensuite, le livre de Chofetim va devoir continuer l'implantation de chacune des tribus.
Cette guerre est contre deux grands ennemis. D'un côté les Kena'ani, de l'autre les Tsrefim. Hakena'ani yoshev mi-mizrach layam, ve-et ha-Tsrefim… Donc c'est-à-dire Hittim, Perizim, Yevousi, Hivi, Hevi …
À l'époque de Yehoshoua, en Erets Kena'an, il y avait deux sortes de Kena'ani. Ce sont tous des Kena'ani, mais il y a deux sortes qui sont souvent mentionnées dans la Torah: on parle de Kena'ani et on parle d'Emori. Pourquoi parle-t-on de ces deux différences-là ? Le Kena'ani, c'est zeknia, c'est-à-dire une soumission. De manière topographique, on retrouve les Kena'ani dans la plaine, dans la vallée, dans la chefela, la plaine côtière. Alors que l'Emori, Emori, vient de amir, monter. Il est tout à fait naturel de le retrouver barim, dans la montagne.
Les plus puissants, ce sont les Cananéens. Les forces cananéennes les plus puissantes se retrouvent dans la vallée. Aujourd'hui, c'est l'inverse. On constate qu'à l'époque de Yehoshoua, Yehoshoua conquiert d'abord la montagne et seulement ensuite la vallée. Dans notre génération, quand on a voulu recréer l'État d'Israël, on a commencé par s'implanter dans la vallée, et seulement après la guerre des Six Jours, on a pu revenir dans la montagne.
Je tiens à rappeler, avant qu'on lise le deuxième verset, qu'il y a une véritable différence, abyssale, de niveau technologique entre les Kena'ani et les Bné Israël. Quelle est cette différence technologique ? C'est le fer. Les Kena'ani sont déjà passés à l'âge du fer, alors que les Bné Israël sont encore à l'âge du bronze. Les kelim, les outils et les outils de guerre utilisés par les Hébreux, sont en bronze, alors que ceux des Cananéens sont en fer. Les chars également. Les Bné Israël ne peuvent pas utiliser de chars puisqu'ils sont dans la montagne, et le char de guerre ne sert à rien dans la montagne. Quand on est dans une guerre sur une plaine, en revanche, les chars de guerre sont extrêmement utilisés.
Rappelez-vous qu'on a fait référence à Divon, qui était ke-eh had me'areh ha-mamlacha. Hatsor est une ir mamlacha, donc directement sponsorisée par l'Égypte. Il n'est pas étonnant qu'on y retrouve des chars de guerre comme on a pu en retrouver en Égypte. Je vous donne cette information technique pour que vous compreniez à quel point les victoires de Yehoshoua sont d'autant plus impressionnantes. On continue.
Vayakhu Hachem Yisraël… Là, ne me demandez pas de vous expliquer où se trouve Meïmarom. Où est le champ de bataille de ce combat du Nord ? Ce n'est pas très clair, parce qu'il y a plusieurs avis parmi les commentateurs. Est-ce que Meïmarom se trouve dans …
Cours d'Orot veKelim
Dans la même série
Étude complète du Livre de Josué avec le Rav Fiszon : conquête, frontières, tribus, batailles et Alliance. 29 cours, chapitre par chapitre.
- 13
La défaite de Haï et la faute d'AkhanPourquoi la première défaite en terre d'Israël révèle la nécessité de la arvout, la responsabilité mutuelle du peuple. - 14
Victoire à Haï : se relever après l'échecComment le peuple juif, après la faute d'Akhane, reprend la guerre, partage le butin et face au roi de Haï. - 15
La ruse des Guivéonim face à YehoshouaLes Guivéonim trompent Israël avec un pain sec et s'engagent à tort : on en tire la leçon de la matsa et de la ruse. - 16
Yehoshoua arrête le soleil : la coalition du SudLe combat de Gibéon, la pluie de pierres du ciel et l'arrêt du soleil, vus par le Rav Fiszon. - 17
Yavin roi de Hatsor et la guerre du NordYehoshoua bat la coalition du Nord à Mérom, mais ne reste pas sur place : pourquoi la victoire reste provisoire. - 18
Le bilan des trente et un rois vaincus par YehoshouaLe chapitre 12 recense les rois battus, et la Shira qui doit accompagner la victoire. - 19
Yehoshua vieillissant et le partage de la terrePourquoi la conquête est dite achevée puis inachevée, et comment la tribu de Ménaché reçoit un territoire à l'est du Jourdain. - 20
Elazar, Yehoshoua et le tirage au sort du paysPourquoi Yehoshoua et non le fils de Moshé, et comment le goral dévoile la main de Dieu dans le partage de la terre. - 21
Le territoire de Yehouda, de Ketef Hayevousi à EkronLe cours suit la frontière de Yehouda du sud de la mer Morte jusqu'à Ekron et situe ses repères dans Jérusalem. - 22
Éphraïm, Ménassé et les filles de TselofhadLe partage de la terre entre Yosef et Binyamin, et pourquoi la frontière passe par Beth-Horon.
— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?
Une question sur ce cours ?
La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
Commentaires et questions au Rav