La flamme sainte des tsadikim et la vie d'Israël
Le Rav Kook décrit le feu d'amour de Hachem qui brûle dans le cœur d'Israël, même caché, et la mitsva comme louche qui verse la vie divine.
Rav Yossef Benshoushan
En bref
Le Rav Yossef Benshoushan reprend la piska Youdbet d'Orot Eretz Israel du Rav Kook, qui décrit une flamme sainte présente jusque dans le cœur de ceux qui semblent les plus éloignés de la Torah. Il montre que ce désir de vie nationale et de retour en Erets Israel découle de cet amour profond de Hachem, et que les mitsvot ne prennent leur plein effet qu'en Erets Israel. Il explique aussi l'exil comme une guérison et pourquoi le courage des bâtisseurs et des soldats relève d'une intervention divine.
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Nous avons la page Youdbet. Je crois que nous avions étudié la Pisqa Chet, si je ne me trompe, et nous étions arrivés au milieu. Comme cela fait déjà plus ou moins deux mois que nous ne nous sommes pas vus, nous allons revoir rapidement depuis le début de la Pisqa. Vous avez le texte ? Pisqa Youdbet, Orot Erets Israël, Pisqa Youdbet.
Donc, dans le plus profond du cœur, dans les chambres les plus pures et les plus saintes, c'est intensifié.
La flamme israélienne demande avec beaucoup de force à se lier d'une manière constante à la vie des mitsvot, les de Dieu, afin d'y verser l'Esprit divin. Roua'h Israël, l'Esprit d'Israël entier, général, qui doit remplir tout le contenant de l'âme, dans tous les ustensiles spécifiques à cela, afin
D'exprimer l'expression israélienne par excellence, dans sa plénitude, aussi bien de manière active que de manière idéale.
Alors, que veut dire tout cela ? Contrairement aux apparences, vous pourriez penser que cette génération est déconnectée de Dieu, qu'elle s'écarte du divin, qu'elle a un comportement laïque. Tout cela est ce qui apparaît de manière extérieure. Mais le Zohar nous éduque: on a développé un regard pénétrant de l'existence. Et le Rav Kook nous enseigne ce qui se passe dans le plus profond de l'âme du peuple d'Israël dans cette génération. Il s'avère que dans la salle la plus intérieure de notre peuple dans cette génération, il y a un profond désir de retourner à Dieu et d'appliquer les mitsvot de la manière la plus exacte.
D'exprimer l'âme d'Israël de manière optimale. Comme on le sait, les mitsvot, la Torah de manière générale, ce n'est pas une religion. Les mitsvot, c'est ce que l'homme accomplit et vit à travers elles. Ce sont les moyens d'exprimer dans le langage du corps notre âme. Ce sont les moyens, un mécanisme suprême que Dieu a créé.
En accomplissant ces actes, cela permet à la vie divine de nous traverser, d'apparaître en nous, d'enrichir notre personnalité, et par là même d'enrichir la collectivité du peuple d'Israël, les sept Israël; et par là même, le peuple d'Israël étant le cœur de l'organisme universel, d'enrichir de vie divine l'humanité et tout ce qui existe dans ce monde.
Et les mitsvot, il dit là, c'est la tsekhet. On va parler de manière grossière: c'est comme si ce serait une louche. En hébreu, une louche, ça se dit matzeket. Qu'est-ce qu'on fait avec une louche ? On prend dans la marmite et on verse dans les assiettes. C'est le rôle de la louche. C'est exactement le même rôle des mitsvot: puiser la vie de la source de la vie divine et la verser dans chacun de nous, chacun des individus, et ensuite cela se propage dans toute l'existence. C'est le rôle des mitsvot.
Arechafim Id Gabrim, Belev HaTzadikim. Donc ces flammes augmentent jour après jour dans le cœur des tsadikim. Yekodesh, Kodesh, Yoked Veoleh. Une flamme sainte s'élève de manière constante dans les tsadikim, mais pas seulement dans les tsadikim. Oubelev kol ha'uma, ouvoer mi'amim mimim. À vrai dire, dans le cœur de toute la nation, ce feu ardent
Il y a un feu constant qui brûle sur l'autel et ne s'éteint jamais. Alors, mis à part la lecture littérale du texte, qui veut dire qu'il s'agit du feu qui était sur l'autel dans le Beit Hamikdash, il y a une lecture de Drash.
Ce qui veut dire, en fait, qu'il s'agit du feu qui brûle dans le cœur d'Israël, un feu d'amour envers le divin, qui est toujours allumé, même si on ne le voit pas toujours, même s'il est caché, mais il est toujours allumé. Oubelev kol rekanim chez l'Israël: pas seulement dans toute la nation de manière générale, mais même chez les gens vides dans l'Israël, qui n'ont apparemment aucune action de mitsvot, aucune connaissance de la Torah, des gens vides. Oubelev kol pechei Israël.
Pas seulement chez les gens vides, mais aussi chez les gens qui sont des poch'im. Poch'im, ce sont des pécheurs. Des pécheurs par principe, qui se révoltent contre la volonté de Dieu. Bo'er v'yoked v'pimé. Chez eux, ce feu brûle aussi, mais de manière très très cachée, très très intérieure, à tel point qu'eux-mêmes ne sont pas conscients. Oubikh lalouta ouma: en ce qui concerne le collectif de la nation.
Khol, Khef et Tzachikout.
De prendre son sort en main et d'arriver à son indépendance nationale, à sa liberté. Donc il s'avère, dit le Rav, que c'est kol chevet tzacherout, toute cette volonté de liberté, kol tchoukat hachaim, tout ce désir profond de vie. Parce qu'à vrai dire, on vivait... on ne peut plus appeler cela vivre, on survivait en exil, à l'échelle de l'individu. Mais la nation, en tout cas la nation, ne vivait pas. Et voilà environ 100 ans que le peuple d'Israël
a décidé de commencer à vivre au niveau de la nation.
— J'ai pas compris ?
Non, on s'y était accommodé. C'est-à-dire qu'un juif français, il y a trois cents ans de cela, se sentait français à part entière. Il n'avait pas d'autre identité. Il était peut-être religieux, juif, à l'échelle individuelle. On appelait ça: « Je suis français de confession israélite ».
Comme on peut être français de confession chrétienne ou islamique. D'accord ? C'est-à-dire que mon identité, c'est d'être français. Et la preuve en est: je suis prêt à donner ma vie pour la gloire de la France dans toutes les guerres de la France. Et les cimetières militaires de France, d'Allemagne ou de ce que vous voulez, sont emplis de juifs qui ont donné leur vie pour ces peuples, parce qu'ils se considéraient comme partie intégrante de ce peuple.
On peut avoir le choix ou ne pas avoir le choix, et faire ça... ou bien évacuer le terrain, tout simplement. Partir, tout simplement. Quitter le pays, tout simplement. Mais ce n'était pas la question: ils faisaient ça de manière fervente. Pas seulement les soldats dans l'armée; très souvent, même les rabbanim priaient pour la gloire de la France ou de l'Allemagne. Ils priaient Dieu: « Dieu, roi du monde, fasse que la France gagne l'Allemagne
pour la sanctification de ton nom. » Et de l'autre côté de la frontière: « Dieu, roi du monde, fasse que l'Allemagne gagne la France pour la sanctification de ton nom. » Alors, qui veux-tu exactement que Dieu écoute ? Ceux-ci ou ceux-là, quand les deux disent des choses pareilles ? Parce qu'il n'y a pas de sanctification de la gloire de Dieu par le fait qu'un peuple en gagne un autre.
C'est clair ? Et que des juifs donnent leur vie pour la sanctification d'un peuple, c'est-à-dire qu'ils se pensaient, ils se considéraient comme membres à part entière de ce peuple. Ils avaient totalement oublié leur identité nationale. Donc, c'étaient des esclaves. C'est clair ? Ok.
Je ne sais pas si c'est grâce à nous ou grâce aux Arabes, parce qu'ils ne nous faisaient peut-être pas confiance, je ne sais pas. Mais je ne pense pas que la situation était meilleure, parce que …
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