Orot veKelimאורות וכלים
Se connecter

Maïmonide et l'ère messianique : l'asservissement aux nations

Le seul critère de l'ère messianique : ne plus être soumis aux nations, déjà en partie réalisé avec l'État d'Israël.

51 min

Rav Shlomo Aviner

Ensuite : Les six conditions du Messie selon Maïmonide, 56 min

En bref

Le Rav Shlomo Aviner commente le chapitre 12, alinéa 2 de Maïmonide, selon lequel la seule différence entre ce monde et l'ère messianique est la fin de l'asservissement aux nations. Il en conclut que la création de l'État d'Israël est déjà un pas vers l'ère messianique, et distingue cette ère du monde futur, où il n'y a plus de corps. Il explique enfin les étapes annoncées par les sages : la guerre de Gog et Magog, la venue du prophète Elie pour ramener le peuple à la téchouva, et l'impossibilité de connaître à l'avance la date et le déroulement de la venue du Machia'h.

Début du cours (texte)

Lire le début du cours

Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Quelqu'un se rappelle ? Chapitre 12, alinéa 2. C'est ça ? Chapitre 12, alinéa 2. « Amour Haramim », nos sages ont dit. Donc, au chapitre 12, alinéa 2: « Amour Haramim », nos sages ont dit: la seule différence entre ce monde-ci et l'ère messianique, c'est Chiboud Malchuyot bilvad, l'asservissement aux nations uniquement.

Après avoir écarté un certain nombre d'erreurs quant à la compréhension de l'ère messianique, après le scalpel du négatif pour nous éviter les erreurs, nous en venons à la définition positive et correcte de l'ère messianique.

L'ère messianique est déterminée par un seul point: Chiboud Malchuyot, l'asservissement aux nations. La seule différence entre ce monde-ci et l'ère messianique est de savoir si nous sommes asservis aux nations ou non. Autrement dit, pendant 2000 ans d'exil, nous sommes asservis.

Nous sommes sous la domination de Monsieur Wellington et de Monsieur Napoléon, de Monsieur Thiers et de Monsieur Hitler. Alors qu'à l'ère messianique, nous sommes libres, nous sommes indépendants, nous ne sommes asservis à personne. C'est ce que nos sages ont dit.

Évidemment, tout ce que Maïmonide écrit n'est pas son invention. Ce sont des paroles de nos sages. Si d'aventure, rarissime, il innove une donnée, il nous met toujours en garde en disant Yera'eh, « il semble », « il apparaît ». Mais s'il ne nous dit rien, il est bien évident que ce sont les paroles de nos sages. Et pourtant, là, il voit une nécessité particulière de nous faire savoir que cette affirmation est celle de nos sages.

Et cela parce que Maïmonide sait très bien qu'il y a beaucoup d'erreurs dans le domaine, y compris les erreurs qu'il a citées à la ligne précédente, à savoir que les gens cherchent dans l'ère messianique des miracles. Chaque fois qu'ils voient un miracle, ils en décident que c'est l'ère messianique. Et si l'ère messianique arrivait sans miracle, ils pourraient en conclure que ce n'est pas l'ère messianique.

C'est pourquoi Maïmonide voit la nécessité d'apporter une preuve à ces propos, en s'appuyant sur les autorités talmudiques les plus éminentes, à savoir le Talmud lui-même. Et s'il en est ainsi, il en résulte que la création de l'État d'Israël, Reshit tsmihat Guéoulatenou, est un pas avant-coureur de la venue du Messie, de l'ère messianique. C'est l'ère messianique en marche, puisque la seule différence entre ce monde-ci et l'ère messianique, c'est l'affaire de l'asservissement aux nations. Et nous ne sommes plus asservis aux nations. Donc, dans un certain sens, l'ère messianique a déjà un peu commencé. Un peu.

Dans un autre texte, dans les lois sur la techouva, chapitre 8 ou 9, Maïmonide nous parle du monde futur, Olam HaBa, les fins dernières de l'individu. Il ne faut pas s'embrouiller, dit le Rambam: le monde futur n'est pas l'ère messianique. Dans le monde futur, il n'y a pas de corps: ce sont des âmes sans corps. Alors qu'à l'ère messianique, il y a un corps. On a des corps. Mais il y a suppression de la Tahazor à Malchout Israël: la royauté, le royaume, reviendra au peuple juif.

Et c'est pourquoi beaucoup de gens s'embrouillent et disent: « Mais maintenant, ça ne peut pas être la Gueoula, puisqu'il y a des attentats, puisqu'il y a des morts à la guerre, puisqu'il y a des pauvres, puisqu'il y a des affamés. Donc ce n'est pas la Gueoula. » Vous vous embrouillez. Vous avez une confusion dans les termes: confusion entre le monde futur et la Gueoula, ou entre le monde futur et l'ère messianique.

À l'ère messianique, il y a un corps, et tous les problèmes inhérents au corps. Au monde futur, il n'y a pas de corps. Donc il n'y a pas d'affamés, donc il n'y a pas de tués à la guerre, puisqu'il n'y a pas de corps. Mais tant qu'on a un corps, il y a des problèmes inhérents. Et même dans ce monde-ci, il y a un corps. Et même dans l'ère messianique, il y a un corps. Dans la Gueoula, il y a un corps. Mais le royaume nous revient. C'est nous qui régnons sur ces terres, et non pas les goyim.

Cela ne veut pas dire qu'on ne fait pas de bêtises. On en a fait, on en fait et on en fera. Mais ce sont nos bêtises à nous. Nous supportons nos erreurs à nous. Supporter les bêtises des autres, c'est désolant. C'est une catastrophe: c'est la désolation de souffrir à cause des erreurs des autres. Quoi qu'il en soit, à l'ère messianique, la restitution de l'indépendance et la suppression de l'asservissement

politique... Yera'eh, il apparaît. Il y a là une hypothèse présentée par le Rambam, hypothèse que quelqu'un peut refuser. Yera'eh Mepchoutam, il apparaît dans la lecture simple, évidente, directe, des paroles prophétiques.

Chebitrila Tiumot HaMachia: qu'au début de l'ère messianique, Tiyyu milchamot Gog uMagog, il y aura la guerre de Gog et Magog. C'est qui, ce type ? Gog Melech Magog: Gog et son peuple Magog. Eh bien, avant la création de l'État d'Israël, on n'aimait pas les Anglais, parce qu'ils nous avaient promis de construire un foyer national juif et qu'ils nous trahissaient en faveur des Arabes. Alors on a dit: voilà, Gog, ce sont les Anglais, puisque le roi d'Angleterre s'appelle George. Voilà, c'est bien pour pourrir.

Après la création de l'État d'Israël, on n'aimait pas les Russes, parce qu'ils nous faisaient des ennuis. Et alors, Gog, c'est Staline, puisqu'il s'appelle Joseph... Georges, Georges, Georges, Gog. Ça, c'est bon pour le deuxième jour de pourim. Mais, blague à part, dans le traité Sanhédrin, il est écrit que Dieu aurait souhaité que le roi Hizkiyahou, Ézéchias, soit le Messie, et Sennachérib, Gog et Magog. Nous en déduisons que Gog et Magog n'est pas un nom propre, c'est un nom commun. De même que dans la Torah, Pharaon est un nom commun: c'est le Pharaon, les pharaons.

Celui de la sortie d'Égypte, peut-être que c'était Ramsès II, peut-être que c'était Thoutmôsis III. Les Romains ont été tellement impressionnés par Jules César que Jean l'Empereur l'appelait « le César ». Chaque roi de Philistée s'appelle Avimélekh, chaque roi de Jérusalem s'appelle Malkitsedek. Et chacun qui vient faire comme Sennachérib, roi d'Assyrie, Achour, c'est-à-dire qui veut détruire le royaume d'Israël, c'est Gog et Magog. Puisqu'on a dit que leur royaume nous reviendrait, et vous croyez que les peuples de la terre vont voir ça et rester tranquilles ? C'est sûr qu'ils vont essayer de détruire.

Les guerres qui visent la destruction de notre État, ce sont les guerres de Gog et Magog. Mais, scénario imprévu, c'est nous qui gagnons les guerres. Parce que pendant l'exil, on se faisait frapper, tabasser, assassiner, voler, violer. Le scénario habituel, c'est de voir un goy frapper un Juif. Mais voir un Juif se défendre, ah non, vous trichez ! Eh bien, on triche.

Gog, roi de Magog, c'est une coalition. On en parle dans le Psaume 2, chez Zacharie, chapitre 14, et en particulier chez Ézéchiel, chapitre 38. Un chapitre entier en parle. Et qu'en dit-il ? Que Gog, roi de Magog, …

Cours d'Orot veKelim

Dans la même série

Étude approfondie des lois messianiques de Maïmonide. Qui est le Messie ? Comment l'identifier ? Critères halakhiques, faux messies, ère messianique. 15 cours.

  1. 7
    Le but du Messie : reconstruire le royaume de David
    Maïmonide (Hilkhot Melakhim 11-12) : le Messie est un roi qui rétablit le royaume de David sur terre, il ne vient ni enseigner la Torah ni prophétiser.
    50 min
  2. 8
    Les voies de Dieu, plus détournées que les nôtres
    Maïmonide explique comment les épreuves et les religions issues de la Torah préparent l'humanité entière à la venue du Messie.
    53 min
  3. 9
    Indépendance, guerres d'Israël et Gog et Magog selon Maïmonide
    Ce cours explique que la guerre de Gog et Magog désigne les guerres de l'État d'Israël renaissant, de l'indépendance jusqu'à aujourd'hui.
    1 h 02
  4. 10
    Le Messie doit-il faire des miracles selon Maïmonide
    Maïmonide montre que la Torah ne demande aucun miracle au Messie et renvoie la charge de la preuve à ceux qui l'affirment.
    28 min
  5. 11
    Maïmonide et l'ère messianique : l'asservissement aux nations
    Le seul critère de l'ère messianique : ne plus être soumis aux nations, déjà en partie réalisé avec l'État d'Israël.
    En cours de lecture
  6. 12
    Les six conditions du Messie selon Maïmonide
    Roi, descendance davidique, étude de la Torah, respect des mitsvot, guerres de l'Éternel : ce que Maïmonide exige.
    56 min
  7. 13
    Le Messie selon Maïmonide : détails et imprévisibilité
    Ce qui est essentiel dans l'attente messianique, et ce qui relève des détails qu'on ne peut pas connaître.
    44 min
  8. 14
    Les faux messies dans l'histoire
    Le Rambam distingue le vrai Machia du roi qui échoue : un juste peut préparer la venue sans en être le Messie.
    49 min
  9. 15
    L'ère messianique selon Maïmonide
    Deux époques du Machia'h : d'abord les guerres pour sauver le peuple, puis la paix et la connaissance de Hachem pour le monde entier.
    43 min

— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?

Une question sur ce cours ?

La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.

Commentaires et questions au Rav